vendredi , 18 octobre 2019

Crise en Guinée Bissau : Conakry s’incline devant Abidjan

Prévu pour le 23 avril dernier, à Conakry, le mini-sommet des chefs de l’Eta de la CEDEAO, consacré à la crise bissau-guinéenne, n’aura finalement pas lieu. A la surprise générale.

Les chefs d’Etat se retrouveront  dans la capitale ivoirienne le jeudi 26 avril. « Suite à la grave décision prise par la junte de nommer un président de la République, de mettre en place un Conseil nationale de transition et de prévoir une transition de 2 ans, le médiateur dans la crise bissau-guinéenne, le président Alpha Condé a décidé de s’en remettre à la réunion d’Abidjan du 26 avril ».

Edouard Niankoye Lamah, chef de la diplomatie guinéenne s’en explique : «  La présidence de la République de Guinée porte l’attention de ses invités  de marque que suite aux décisions  prises par la junte en Guinée Bissau et totalement  contraires au contenu de la rencontre avec la délégation de la CEDEAO le veille, le médiateur, en accord avec le président en exercice de la CEDEAO, a décidé d’annuler la rencontre du 23 avril à Conakry au profil du sommet extraordinaire des chefs d’Etat convoqués à Abidjan le jeudi 26 avril 2012 où toutes les questions pour assurer une bonne médiation seront abordées ». Officiellement désigné par ses pairs de la CEDEAO comme médiateur, le président Alpha Condé n’aurait pas apprécié la position affichée par les responsables de la junte militaire de Bissau. On lui prête même l’intention de ne pas accepter une telle  junte aux portes de la Guinée, quitte à user de la force. Après l’inefficacité avérée, le doute subsiste sur le maintien éventuel du président  Alpha Condé comme médiateur. En terme diplomatiques, Conakry entend rester à l’écoute de la CEDEAO.

En tout cas, beaucoup se demande déjà pourquoi cette rencontre annoncée avec un grand élan d’enthousiasme  par les autorités guinéennes, n’a pas pu avoir lieu.   Plus d’un observateur de la chose politique  estime que le président « démocratiquement » élu de la Guinée, doit plutôt œuvrer à trouver immédiatement la solution aux multiples problèmes  qui assaillent le pays, avant de jouer les sapeurs pompiers ailleurs. A 2 mois des législatives annoncée par la CENI, contestée par l’opposition, le pouvoir ne donne aucune garantie pour permettre une sortie de crise. Les manifestations  pacifiques de l’opposition ne sont pas autorisées parfois même réprimées dans  le sang  par les gendarmes et policiers comme au temps de la junte militaire. Le jeudi 19 avril, les militantes du Collectif et de l’ADP aux mains nues, en sit-in au siège  de la CENI à la Camayenne, ont été  violemment dispersées à coups de gaz lacrymogènes. Des blessées et arrêtées.

Pourtant, la rencontre du  23  devrait regrouper à Conakry une importante délégation de la CEDEAO dont le président de la commission, Kadré Désiré Ouédraogo, 32 personnages de la Guinée-Bissau comprenant 10 personnes du commandement militaire, 15 des partis politiques et 7 autres de la société civile. Quatre chefs d’Eta  du Bénin, de la Gambie, de la Sierra Léone et du Togo, leurs délégations  ainsi que 3 ministres des Affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Nigeria devraient prendre part à la rencontre.  Ce sera pour plus tard.

La Lance

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