mercredi , 3 juin 2020

Quand les syndicalistes défient le tribunal et Alpha Condé !

Cela peut paraître incroyable sous d’autres cieux mais  en Guinée, la loi a des problèmes à s’imposer dans l’esprit du Guinéen longtemps habitué au laisser-aller. Ce mercredi 25 avril 2012,  une mission forte de quatre personnalités du mouvement syndical guinéen conduite par l’ancien ministre de la transition et leader de l’ONSLG, Yamoudou Touré s’est rendue à Fria pour rencontrer les travailleurs et le collège syndical de Rusal.

Au cours du meeting, Yamodou en s’adressant à la foule a indiqué, selon des témoins présents sur place qu’ils porteurs du message du Chef de l’Etat, les appelant à la reprise du travail, interrompu depuis le 4 avril.

Mais à peine qu’il eut fini, des voix se sont élevées pour contester l’orateur. Cette mission, première du genre sous l’ère Condé arrive pourtant à Fria après le durcissement des positions syndicales qui ont défié à deux reprises le tribunal du travail à travers des ordonnances légalement signées.

Pourtant, dans moins d’une semaine, la ville de Fria n’aura plus d’eau et d’électricité. Cette situation serait due au non respect  de la décision du tribunal de travail par le collège syndical de friguia, accusent de plus en plus les citoyens de cette ville. Ce malgré les multiples tentatives de médiation et l’arrêt du tribunal de travail de Conakry qui a exigé de son côté une « reprise immédiate des activités de l’usine ».

Aujourd’hui il n’est un secret pour personne que les compagnies minières à travers le monde sont confrontées à des sérieux problèmes amenant plusieurs d’elles à fermer, l’usine d’alumine de Fria qui échappe à cette situation grâce aux subventions de Rusal, continue  cependant de subir des perturbations à n’en pas finir.
Pourtant, le tribunal de travail de Conakry a été clair dans un communiqué signé le 18 avril appelant à la reprise des activités et au respect de l’ordre et de la loi.
Mais comme si de rien n’était, la paralysie de la propriété privée  se poursuit toujours. Des employés voulant reprendre le travail ont peur pour leur sécurité, si non nombreux sont parmi eux qui en ont assez de cette situation.

C’est du moins ce que nos rapportent nos sources. Ce qui continue de ralentir les activités de la société menaçant le fonctionnement de l’usine.
Ce qui n’est pas sans conséquences. Pour l’entreprise, dans un communiqué signé du 20 avril, « le processus technologique est détruit » à cause de la prise en main de la gestion de l’usine par des personnes « inexpérimentées ». Une conséquence découlant de la chasse aux sorcières contre les expatriés Russes qui, depuis lors sont regroupés à Conakry pour leur sécurité dit-on.

Pour les populations, l’arrêt de l’usine peut emmener la rupture dans la fourniture d’eau et d’électricité aux populations de Fria. Une situation qui pourrait provoquer des perturbations dans cette ville minière au moment où le pays se prépare pour les élections parlementaires.

Plus sérieusement encore, si la crise persiste, le sort des étudiants boursiers de Rusal de l’année 2011, risque d’être menacé. En tout état de cause, l’arrêt des activités suivies d’éventuelle fermeture de l’usine pourrait compromettre l’avenir de ces jeunes Guinéens à la charge de Rusal.

A moyen terme, et si cette situation perdure, elle risque d’affecter sensiblement la présence des investisseurs dans le pays. Du côté de l’Etat, ce départ de Rusal du pays serait un mauvais signal dans les relations guinéo-russes.

En plus, ce sont près de 2000 emplois qui seront menacés au moment où les nouvelles autorités multiplient les efforts pour honorer leurs engagements notamment ceux de l’emploi et la formation des jeunes.

Car, depuis l’arrivée du Pr Alpha Condé au pouvoir, Rusal , multiplie les gestes de bonne volonté. Voir les actions réalisées à Kindia (centres de santé, écoles, point d’eau, électrification, routes,…), 100 bourses pour des jeunes guinéens dont des enfants de syndicalistes, etc…

Ce qui en définitive, au vu de la gravité de la situation qui prévaut en ce moment  à Fria, employés, État, syndicat et citoyens de Fria devraient  comprendre que la seule solution aujourd’hui est la reprise des activités et consolider la paix dans la cité.

Aux dernières nouvelles, des concertations restreintes sont en cours pour appeler les travailleurs à la reprise dès demain jeudi. Puisqu’avec la grève, les contrats restent suspendus et les salaires des travailleurs avec. Une conséquence de trop que les familles des employés comprendront très difficilement. Quand aux syndicalistes partis convaincre leurs collègues à Fria, ils doivent se rappeler de la fin tragique de Dr Ibrahima Fofana et avec lui, deux journalistes, à cause d’une grève déclenchée en 2010 par le même collège syndical.

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