dimanche , 26 janvier 2020

Louncény Camara, la poisse : Qui, pour remplacer cet indésirable ?

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) continue à diviser les Guinéens. Sa structure et sa composition constituent la source de toutes les divergences entre les acteurs de la vie politique. Tandis que la personne de son Président Louncény Camara demeure la pomme de discorde entre le pouvoir et l’opposition. M. Camara, élu dans des conditions douteuses, par sa gestion  cavalière de l’institution qu’il dirige depuis le départ du Malien, Général Toumany Sangaré, a crée une tension sans précédent.

Après avoir fixé unilatéralement la date des  législatives pour le 8 juillet prochain, il continue de poser des actes sans se fier  à l’ensemble de la classe politique, notamment celle de l’opposition. Cette dernière le considère comme un  activiste du RPG Arc-en-ciel, jure qu’elle ne se laissera pas faire. Depuis plusieurs semaines, elle brave les interdictions du pouvoir et réussit à lui enlever quelques acquis démocratiques sur le terrain. Après avoir menacé de boycotter ces législatives, elle s’est  ravivée  pour dire qu’elle n’acceptera pas un scrutin biaisé et se battra jusqu’au bout pour obtenir des élections libres et transparentes. Pour y arriver, elle sait qu’il faut obtenir  l’audit du fichier électoral, la refondation de la CENI et surtout le départ de Louncény Camara, accusé aussi de détournement de biens publics. Après un meeting empêché, deux autres réussis courant mois de mars, l’opposition réunie au sein du Collectif et de l’ADP a envoyé  ses militantes au front. Celles-ci ont tenté de tenir  un sit-in devant le siège de la CENI, le jeudi dernier, pour réclamer entre autre le départ de Louncény Camara. Le pouvoir leur a répondu par les répressions. Le sit-in étant violemment dispersé a fait une vingtaine de femmes  blessées.

Au paravent, la société civile dans une déclaration a demandé ouvertement la démission du président de la CENI. Laquelle déclaration a été déposée au chef de l’Etat. Pendant ce temps, au sein de cette institution, la situation est devenue délétère entre les membres. Cinq commissaires dénoncent la gestion du président et se retirent  de toutes les activités en cours. Biens que le principal concerné clame qu’il ne démissionnera pas et se dit serein, au nom des frondeurs, Thierno Saïdou Bayo a été reçu  par le chef  de l’Etat. Après avoir écouté ce dernier, le président Condé qui commence à mesurer  l’ampleur de la gravité de la situation a décidé de mettre en place une commission chargée d’examiner le cas de la CENI et baliser une sortie de crise.  Cette commission est dirigée par Kiridi Bangoura, ministre chargé du cabinet civil et porte parole du président de la République.

En attendant de savoir ce que va produire cette commission, il y a lieu de se pencher sur la composition de la CENI. Si la majorité estime que pour éviter au pays de sombrer dans le gouffre, il s’avère nécessaire de revoir sa composition, on se pose la question de savoir qui pour la diriger. La question mérite sa place dans la mesure où pendant la période de l’entre deux tours de la présidentielle  de 2010, le président de la transition, général Sékouba Konaté, avait jeté son dévolu sur un étranger, le Malien général Sangaré. Sa venue avait sauvé la démocratie après plusieurs soubresauts.  Mais, faut-il faire toujours recours à l’étranger ? Ce n’est pas une fin en soi. La logique voudrait que le président de la CENI soit un Guinéen. Mais où le trouver ? Parmi la diaspora ? Ou bien au niveau de la société civile comme cela est écrit ?  Des Guinéens compétents  ne manquent pas pourtant. Il reste à travers celui qui a une intégrité morale, susceptible de faire appliquer les textes, privilégier l’intérêt supérieur de la Nation et soucieux du devenir commun.

Des analystes biens avertis pensent qu’on peut dénicher ce sauveur en Guinée.   Mais qui alors ? On se souvient qu’à la proclamation des résultats du premier tour, le conseiller juridique de la CENI, Me Fodé Abass Bangoura, avait jeté l’éponge après avoir constaté plusieurs  défaillances  dans la gestion des élections. Ce qu’il avait dénoncé à l’époque que persiste toujours et est dénue une gangrène affectant tout le corps de cette institution. Pour avoir vu juste les choses venir, beaucoup  d’observateurs estiment  que l’avocat Fodé Abass Bangoura  est le mieux indiqué aujourd‘hui  pour diriger la CENI. Juriste, jeune et réputé intègre, Maître Abass (ainsi qu’on l’appelle dans les milieux judiciaires) peut conduire à bon port les destinées  de la CENI qui pourrait enfin organiser des élections consensuelles, libres, transparentes et apaisées. Un autre côté présentable fait de Maître Abass un homme neutre, puisqu’il ne milite dans aucun parti politique. Ce qui le met au dessus de tout soupçon.


Source : Le Populaire

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