mardi , 14 juillet 2020

Silence, on récuse !

Coumba Yala, l’opposant bissau-guinéen, doit être quelqu’un de méchant ; bien que gentillesse rime rarement avec politique. Il a empêché notre président démocratiquement élu d’aller professer ses leçons de démocratie apaisée en Guinée Bissau.

A présent l’opposition guinée-haine est en train de jubiler pour demander au bon Dieu de venir au secours de M. Yala afin qu’il fasse le reste de ses jours… dans l’opposition.

Pendant que le pouvoir en profite, Kiridi Kiridi en tête, pour étaler ses misères sur les ondes des radios libres. Le Bangoureur n’a pas seulement démenti Coumba Yala, mais il a donné aussi les raisons en béton armé  pour lesquelles Alpha Grimpeur ne peut être récusé comme médiateur dans la crise bissau-guinéenne.

Une fois que vous êtes nommé médiateur au plan international, explique Kiridi-Kiridi, personne n’a le droit de vous récuser. La performance est de taille. Mais puisqu’en République bananière, le droit aussi peut aller dans les sens, il ne faut rien dire de plus. Le problème est ailleurs.

En apprenant la nouvelle du choix de notre Grimpeur comme médiateur à Bissau, nous avions applaudi à tout rompre. Nous avions commencé à croire à la formule lapidaire du président professeur selon laquelle ‘’la Guinée is back’’.

On a vite déchanté en voyant que la Guinée est toujours bête. Qu’on lui ferme constamment le bec. Voisins des Maliens à plus d’un titre, nous n’avons pipé maux sur la crise qui affecte à la fois ce pays frère et notre second poumon. C’est comme si le cœur même n’y était pas.

Notre retour sur la scène internationale s’est caractérisé par notre absence à la réunion d’Abidjan que la CEDEAO avait consacrée à la crise malienne. Il faut qu’on se le dise une bonne fois pour toutes. Ce ne sont pas tous les sinistres qui acceptent de se faire régler par des Premiers ministres.

Anciens marxiste de renom, Alpha Condé aurait dû se rappeler que ‘’chacun, selon ses capacités…’’ Hélas !

Alassane Ouattara (ADO), lui, a fait de son mieux. Pendant un bref séjour à Cona-cris, il s’était entendu proposer un fructueux échange de service. Il serait le conseiller de M. Alpha Condé pour tout ce qui relève de l’économie. L’inflation exceptée certainement. En retour, il recevrait de son ainé guinéen, tous les avis pertinents ou non, dans le domaine politique. Le président ivoirien, président en exercice de la CEDEAO au mépris de toutes les règles qui régissent la gérontocratie sous régionale, a dû offrir au Doyen Condé, le plateau bissau-guinéen pour combler l’inacceptable déficit de la diplomatie guinéenne dans la crise malienne.

Il était d’autant plus fondé d’y penser que la Guinée-Bissau n’a jamais constitué un problème insoluble pour les autorités de Cona-cris.
Avant tout, ce n’est pas la première fois que Coumba Yala agite son bonnet rouge pour chercher à intimider ses adversaires politiques le lendemain d’une élection. Mais pour Cona-cris, le PAIGC, de Cbral à Nino, ne pouvait servir que de solution.

Quand Coumba Yala bougeait un peu, on lui donnait un peu. Quand il bougeait beaucoup, on lui donnait encore un peu. Tout finissait par rentrer dans l’ordre…de Cona-cris.

Fort de tout cela, ADO ne pouvait pas ne pas penser à nous, pour exiger la paix à Bissau. Sûr que les temps on changé. Profondément.

Source : Le Lynx (Hebdomadaire satirique guinéen)

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