lundi , 23 septembre 2019

Législatives : Qui peut gagner à Kaloum ?

La bataille pour la conquête ou la reconquête de la circonscription électorale de Kaloum est bien engagée. Entre le pouvoir et l’opposition, le grand défi reste à trouver l’homme ou la femme capable de réaliser cette prise politique influente.

L’ancien Premier ministre de la jeunesse et des sports, est-il réellement vacciné par la politique ? Selon les informations qui circulent à Conakry, et dans la perspectives des législatives annoncées pour le 8 Juillet 2012, chacun des principaux partis politiques de l’échiquier national se disputeraient ou solliciteraient la candidature de Baidy Aribot dans son territoire de Kaloum. Le PEDN de Lansana Kouyaté, son Premier ministre dans le gouvernement de consensus (2007-2008), l’UFR de Sidya Touré, un homme dont il apprécie le management, l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le grand frère depuis la BCRG où il fit ses premiers pas professionnels, voudraient que le jeune leader de Kaloum porte et défende les couleurs de son parti aux prochaines législatives. Pas si étonnant que ces partis d’opposition, voulant rafler les suffrages des électeurs de la symbolique commune de Kaloum, du seul ministre d’un gouvernement guinéen originaire du cœur de la capitale. Au regard des rapports personnels entre Baidy Aribot et ces leaders politiques, rien de surprenant dans ses démarches.

Mais, la surprise pourrait venir de celles qu’effectuent actuellement le parti au pouvoir pour amener Baidy Aribot dans le giron de la majorité présidentielle.

Des émissaires du palais, notamment des proches du président Alpha Condé à Kaloum multiplient des contacts et initiatives dans ce sens. Cependant, si le fait est réel, ce ne serait qu’une apparente surprise. En effet, tout comme sinon plus que Sidya Touré, Lansana Kouyaté, Cellou Dalein Diallo et d’autres hommes politiques, Baidy Aribot a eu des relations profondes et même risquées avec le président du RPG, Alpha Condé. A l’époque surtout où le futur président guinéen était un homme ‘’infréquentable’’, banni par le régime et les cadres de l’administration, Baidy Aribot, jeune cadre de la BCRG, s’est montré si téméraire et suicidaire qu’il osait rendre visite à Alpha Condé à Mafanco et recevait l’opposant princiapl au régime du général Lansana Condé à son domicile à Boulbinet, au centre ville de Kaloum, à quelques mètres du palais présidentiel.

Pour ceux qui connaissent l’histoire politique de la Guinée, inutile de rappeler jusqu’où le risque était élevé pour ce jeune que certain imaginaient ‘’inconscient’’ de la gravité que provoquait son comportement.

Mais, ça c’est une autre histoire. Pour les partis politiques, la préoccupation est simple : Quel candidat peut gagner à Kaloum ? Et le nom de Baidy Aribot revient sans cesse.

A partir de là, l’autre question est de savoir si ces sollicitations de l’opposition et de la majorité sont fondées.

Injoignable, Baidy Aribot serait à Dakar où il était engagé dans la campagne politique de son ami Macky Sall, élu le 25 mars 2012, 4è président du Sénégal. Ses lieutenants à Conakry ne sont pas plus bavards que lui. Ils s’activent sur le terrain à coordonner les différents mouvements et associations qui germent comme des champignons pour réclamer le retour et l’engagement en politique de Baidy Aribot. L’intéressé n’exclut pas un probable engagement politique. Dans une des rares interviews qu’il a données, l’ancien directeur général de la CNSS et du Fonds minier a expliqué la nécessité de lancer ou de s’engager dans un parti pour s’opposer à la dérive ethnique et à la tribalisation de l’espace politique guinéen.

Meurtri par ce phénomène régionaliste, Baidy Aribot était sorti de la réserve qu’il s’était imposée pour dénoncer avec véhémence la montée des germes de la division, facteurs de la régression et de tous les conflits et crises identitaires et politiques qui déchirent le continent.
Pour éviter cette dangereuse tendance qui guète son pays, le jeune natif de Kaloum avait promis de créer ou de prendre la direction d’un parti.

Va-t-il alors lancer son propre parti ou accepter l’une des offres de l’opposition ou de la mouvance présidentielle ? Aucun élément de réponse pour l’instant. Même si ses amis jurent de toutes leurs forces et sur tous les toits que Baidy Aribot n’est pas un homme habité par la haine ni la revanche, il est difficile cependant, à l’analyse des faits et par rapport à l’état actuel des choses, d’imaginer un ralliement ou adhésion politique au RPG, le parti du président Condé au pouvoir actuellement. Limogé sans management de la direction du Fonds Minier, tout semble avoir été fait pour incriminer la gestion de Baidy Aribot, salir et compromettre sa carrière administrative et politique. Les proches de Baidy Aribot voient la main du président de la République, le Professeur Alpha Condé, lui-même, derrière les tentatives de l’Agent judiciaire de l’Etat et du Comité de lutte contre la corruption et d’autres manœuvres notamment médiatiques visant la gestion de leur leader quand il était à la CNSS et au Fonds Minier. Pour eux, les multiples rapports d’audits ne faisant mention d’aucune malversation de sa gestion à la CNSS et du Fonds Minier, et constatant la multiplication des mouvements en sa faveur semblent être les facteurs qui poussent aujourd’hui le régime à vouloir cultiver des bons sentiments à l’égard de Baidy Aribot.

Même si rien n’est impossible en politique, la négociation avec le pouvoir s’annonce très délicate.

A contrario, avec les autres partis politiques d’opposition, les choses pourraient être plus faciles. Mais, il serait illusoire de penser, confesse un de ses proches, que Baidy Aribot qui a grandit se laisse absorber si facilement par un de ses grands frères. Macky Sall n’est-il pas son ami ?


Source : Le Défi

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