lundi , 23 septembre 2019

La CPI note des progrès dans l’enquête sur les crimes du 28 septembre 2009

Le pool des juges d’instruction guinéens constitué pour mener les enquêtes sur la repression meurtrière du 28 septembre 2009 au stade de Conakry a fait des progrès significatifs ces derniers temps avec l’inculpation du colonel Moussa Tiégboro Camara, a déclaré jeudi, Fatou Bensouda, Procureur adjoint de la Cour pénale internationale.

 

‘’Je veux saluer ici la persévérance et le courage des juges en charge du dossier’’, a déclaré Mme Bensouda, ajoutant que ces derniers font un travail complexe dans des conditions difficiles.

Fatou Bensouda, futur procureur de la CPI, a invité les Guinéens en général et les victimes en particulier  à soutenir les juges et à leur faire confiance. Elle a  invité ces derniers à poursuivre les efforts. Elle a promis d’y veiller personnellement à sa prise de fonction en tant que Procureur de la CPI.

‘’Je veillerai aussi à ce que l’instruction aboutisse dans un délai raisonnable à la tenue d’un procès d’assises’’, a-t-elle dit.

Moussa Tiégbro Camara, un des anciens responsables de la junte militaire qui a pris le pouvoir en décembre 2008 a été inculpé le 1er février par les juges guinéens pour son rôle présumé dans les violences perpétrées sur des manifestants de l’opposition le 28 septembre 2009. Le bilan des attaques ce jour fait état de plus de 150 morts, plusieurs centaines de blessés et des femmes violées, selon Human Right Watch.

La nouvelle avait été accueillie avec joie dans le rang des organisations de défense des droits de l’homme.

‘’L’inculpation de Tiegboro Camara, qui avait été mis en cause par le rapport de la commission d’enquête internationale des Nations unies comme étant l’un des principaux responsables des graves violations des droits de l’Homme perpétrées au stade le 28 septembre et dans les jours qui ont suivi, est un signal positif adressé aux victimes de ces crimes qui attendent que justice leur soit rendue », s’était réjouie  Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

‘’Cette inculpation est un pas important qui doit conduire à l’établissement de toutes les responsabilités et à la tenue d’un procès juste et équitable en Guinée, que tous les Guinéens appellent de leurs veux’’, avaient commenté l’Organisation guinéenne pour le défense des droits de l’homme et l’Associations de victimes.

‘’A l’heure où la Guinée s’engage sur la voie de l’instauration d’un état de droit et de la réconciliation nationale, l’inculpation d’un ministre en exercice illustre le courage des juges de cette affaire et la volonté des autorités guinéennes de s’inscrire résolument dans la lutte contre l’impunité et de garantir l’indépendance de la justice’’, avait ajouté Me Patrick Baudouin, président d’Honneur de la FIDH et responsable du Groupe d’action judiciaire (GAJ) de la FIDH.

Fatou Bensoudan dit avoir été ‘’touchée’’ et ‘’inspirée’’ par les échanges qu’elle a eus avec les associations de victimes. ‘’Je tiens à saluer le courage et la dignité des victimes que j’ai rencontrées – parmi lesquelles des femmes qui ont été violées, brutalisées, et terrorisées. Ce sont des actes de violences sexuelles impensables, dévastateurs pour les victimes, pour leurs familles et leurs communautés’’.

Elle a encouragé les autorités guinéennes à tout mettre en œuvre pour permettre au panel de juges de poursuivre les investigations en toute indépendance. ‘’Il faut poursuivre l’effort sans relâche.  Cette enquête est d’une très grande importance. La Guinée peut devenir un modèle pour l’Afrique et pour le monde’’, a-t-elle conclu.

La CPI ne prendra le dossier en main que lorsque la Guinée aura montré son incompétence à juger les personnes inculpées. Elle a enfin précisé que toute autre personnalité en dehors du colonel Tiégboro citée dans le dossier devra être jugée.

« Nous n’avons aucune raison de penser qu’il y a des limites fixées aux actions du pool de juges. L’objectif est de voir que les plus hauts responsables de ces crimes sont traduits en justice. Nous n’avons aucun nom naturellement à priori.Nous ne faisons pas d’enquête nous-mêmes, nous  ne pouvons dire si tel ou tel fait partie de ces responsables. Quiconque fait l’objet d’inculpation ne peut être poursuivie qu’à l’issue d’une enquête et sur la base d’éléments de preuve recueillis dans les règles de l’art ».

 

Elie Ougna et Mamady Fofana
contact@kaloumpresse.com

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