jeudi , 25 avril 2019
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Les mutins maliens disent avoir renversé le président Touré

Des militaires mutins du Mali ont affirmé jeudi matin 22 mars avoir mis « fin au régime incompétent » en place à Bamako et annoncé avoir dissous « toutes les institutions » et suspendu « la Constitution », dans une allocution à la radio-télévision nationale qu’ils occupaient depuis mercredi.

Les auteurs du coup d’Etat ont décrété un couvre-feu à compter de jeudi, a annoncé leur chef, le capitaine Amadou Sanogo, à la télévision nationale, dont ils ont pris le contrôle. Il a lancé un appel au calme et condamné tout pillage.

Le capitaine Sanogo, président de la junte qui a pris le pouvoir sous le nom de Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), a fait cette annonce après une allocution du porte-parole de ce comité, le lieutenant Amadou Konaré.
Les mutins disent vouloir remettre le pouvoir à un nouveau gouvernement démocratiquement élu. Leur porte-parole, Amadou Konaré, a déclaré qu’un comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDR) « a décidé de prendre ses responsabilités en mettant fin au régime incompétent et désavoué de M. Amadou Toumani Touré », accusé d’impuissance face à la rébellion touareg dans le nord du Mali.

« Nous sommes attachés au respect des règles démocratiques et constitutionnelles. Nous demandons le rétablissement de l’ordre constitutionnel, des élections, elles étaient programmées pour avril, il faut qu’elles aient lieu le plus vite possible », a déclaré jeudi, sur Europe 1, Alain Juppé, le ministre des affaires étrangères. Le Mali, ancienne colonie française, devait tenir cette année un scrutin présidentiel dont le premier tour était prévu le 29 avril. M. Juppé a précisé lors d’un entretien avec l’AFP ignorer tout du sort du président malien. « On me dit qu’on ne sait pas où il est ». « Les choses peuvent évoluer mais pour l’instant, je ne peux pas dire » où se trouve le président, a-t-il ajouté. « Il n’est pas à l’ambassade de France », a précisé le ministre. « Nous travaillons depuis des mois avec nos partenaires de la région et les organisations régionales pour engager un dialogue entre les rebelles du nord, les Touareg, et le régime » malien, a-t-il ajouté.

Les mutins ont lancé mercredi une attaque contre le palais présidentiel à Bamako. Un responsable du ministère de la défense ayant requis l’anonymat a déclaré avant l’intervention télévisée des rebelles qu’Amadou Toumani Touré se trouvait en lieu sûr, sans préciser lequel.

Ce dernier, président depuis 2002, avait prévu de se retirer après l’élection présidentielle dont le premier tour devait avoir lieu fin avril.

La colère n’a cessé d’enfler récemment au sein de l’armée contre le manque de moyens mis à sa disposition pour lutter contre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Les rebelles touareg du MNLA, qui revendiquent trois régions septentrionales pour créer une enclave dans le nord du pays, ont engrangé les succès sur le terrain ces dernières semaines, en partie grâce au renfort de combattants de retour de la guerre civile en Libye. Ces combats ont fait des dizaines de morts et 200 000 déplacés.

 

Le Monde avec AFP

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