lundi , 17 juin 2019

RDC : Battues aux législatives, les femmes de Kindu en deuil le 8 mars

Alors que tout le monde s’attend à les voir défiler comme à l’accoutumée, les associations de femmes de Kindu, chef-lieu du Maniema, entendent profiter du 8 mars pour protester contre la non-élection de leurs membres aux législatives. Vêtues de noir, elles se sont promis de passer cette journée dans le deuil et la réflexion.

Toutes de noir vêtues, la couleur du deuil, des femmes de Kindu, au centre est de la RDC, ont promis la veille de ne pas défiler le 8 mars, lors de la Journée internationale dédiée aux femmes. « Nous allons toutes porter des vêtements noirs en signe de protestation », a déclaré Mme Kapunga Régine, chef de division provinciale du Genre, famille et enfant. Celle-ci, qui fait partie des femmes de grande valeur qui luttent pour la promotion de leurs droits au Maniema, justifie cette décision par « la non-élection de femmes aux scrutins du 28 novembre dernier ».

En effet, aucune des 31 candidates aux 14 sièges de député du Maniema n’a été élue. « Ce n’est pas acceptable alors que les partis sont censés promouvoir l’émergence de la femme et non la reléguer au rang de décor lors des fêtes », tempêtent certaines. Très remontées, les responsables des associations féminines se sont réunies en séminaire pour décider des actions à mener au Maniema. Les journées des 5, 6 et 7 mars ont ainsi été consacrées à la réflexion « pour dénicher les causes de cet échec et envisager des pistes de solution, tandis que pendant la journée proprement dite du 8 mars, aucune cérémonie ne sera organisée à part le port de vêtements noirs pour manifester leur inquiétude auprès des autorités tant locales que nationales ».

Analyses divergentes

Toutes ne sont cependant pas d’accord avec cette analyse du collectif de lutte pour la protection des droits de la femme. « La non-élection des femmes au Maniema n’a aucun rapport avec la journée du 8 mars », estime Mwana Shima, étudiante en droit à l’Université de Kindu. « La cause de leur échec est à chercher ailleurs. Elles ont vu leurs chances réduites quand elles sont allées en ordre dispersé affronter les hommes, commente-t-elle. Si elles s’étaient rassemblées autour de candidates uniques et que toutes les femmes avaient donné leurs voix à des candidates, celles-ci auraient été élues.

Les femmes représentent, en effet, 52 % de l’électorat au Maniema. Pour Maître Kinkukama de l’Observatoire de la jeunesse de Kindu, le problème est surtout d’ordre culturel : la coutume qui méprise la femme, qui elle-même se sous-estime…

Absence de promotion au sein des partis politiques, manque de stratégie électorale ou poids de la coutume ? À Kindu, les femmes ont promis en tout cas de profiter du 8 mars pour faire passer leur message en portant le deuil.

Syfia-grands-lacs.info

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*