samedi , 25 mai 2019

Présidentielle sénégalaise : confiance chez Macky Sall, discrétion chez Abdoulaye Wade

Les premières tendances du scrutin présidentiel du 26 février donnaient, dans la soirée, un second tour opposant Abdoulaye Wade à son ancien Premier ministre Macky Sall. Reportage dans les QG de campagne des principaux candidats.

Il est un peu plus de 22 heures dimanche, quand Macky Sall fait sa première apparition en public depuis que les résultats sont égrenés, bureau de vote après bureau de vote, par les radios et les télévisions sénégalaises. Le scrutin est officiellement clos depuis quatre heures, et les premières tendances le donnent au coude à coude avec Wade, aux alentours de 35%.

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De toute évidence, il y aura un second tour. Et c’est déjà une petite victoire pour le camp de l’ancien Premier ministre. Un détail ne trompe pas : le très réservé président de l’Alliance pour la République (APR) se montre au balcon du deuxième étage de son QG de campagne, et arpès avoir remercié (« dieuredieuf, dieuredieuf, dieuredieuf ») la centaine de partisans qui l’applaudissent depuis la rue, se laisse aller à pousser une chansonnette. Ce qui n’est pourtant pas vraiment son genre…

Au 1er étage, c’est un défilé. De journalistes, venus en masse. D’amis. De soutiens. Il y a des petits fours et des boissons. En, haut, au deuxième étage, on sert des plats plus élaborés. Chacun tente de voir celui qui pourrait devenir, dans quelques semaines, le quatrième président du Sénégal.

Chez Wade, un QG bien discret

Démonstration de joie trop prématurée ? C’est ce qu’on pense à quelques pâtés de maisons de là, au QG de campagne d’Abdoulaye Wade. Ici, dans ce quartier cossu situé à deux pas de l’école de police, il n’y a ni partisans, ni sono qui crache de la musique, ni klaxons. Pas même une pancarte. Pour trouver le bâtiment qui abrite l’équipe de campagne du président sortant, il faut demander au voisinage. « Ici, on ne fait pas la fête, on travaille », explique Amadou Sall, le porte-parole de Wade. A côté de son bureau, une dizaine d’opérateurs compilent les résultats et les rentrent dans une base de données informatique.

Pour Amadou Sall, les tendances ne sont pas assez lourdes pour en tirer une quelconque conclusion. Il est alors plus de 23 heures, et cet historique du Parti démocratique sénégalais (PDS) dit n’être en possession que de 5% des résultats. « Rien  n’est perdu, rien n’est gagné », tente-t-il de nous convaincre. Il admet cependant qu’une victoire au 1er tour, annoncée depuis des mois par l’entourage de Wade, semble compromise. « Il n’y a aucune indignité à passer au second tour », dit-il. Pourquoi avoir affirmé pendant des semaines qu’il n’y en aurait pas ? « Quand on va à un match de lutte, chacun bombe le torse. On ne va pas dire que l’on va perdre ! »

« Nous disons : je gagne ou je perds »

Bientôt viendra le temps des alliances (« rien n’est définitif »), mais Amadou Sall l’assure : le président-candidat saura reconnaître sa défaite si elle doit arriver. « Nous ne disons pas comme Gbagbo : je gagne ou je gagne. Nous disons : je gagne ou je perds ». Et de conclure, non sans raison : « Ce soir, je suis fier de ma démocratie, de mon pays. L’opposition a parlé de fraudes, il n’y a rien eu de tout cela. »

Pendant ce temps chez Macky, l’enthousiasme est quelque peu retombé. Les partisans sont rentrés dormir, et les journalistes sont allés voir ailleurs. Macky Sall compile les résultats et évite de tomber dans la fanfaronnade : « Je suis serein. On s’achemine vers un second tour, cela semble irréversible. Mais j’attends la globalité du dépouillement pour lancer un message », indique-t-il, alors qu’autour de lui, on continue de recevoir des appels. La nuit ne faisait que commencer.

Jeune Afrique

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