dimanche , 20 janvier 2019

Echec des Eléphants : La part de vérité de Basile Boli

Basile Boli est un ex-international footballeur français d’origine ivoirienne. Il est aujourd’hui un observateur averti du ballon rond africain et consultant de chaînes radio et télé étrangères. Intervenant sur RFI, il donne son analyse sur la prestation des Eléphants lors de la finale, parle de Didier Drogba et se projette dans l’avenir avec la CAN 2013 « qui est tout de suite », sans occulter la réconciliation.

Parlant de la défaite des Eléphants face à la Zambie en finale de la CAN 2012, Basile Boli martèle : « c’est dommage parce que l’équipe ivoirienne de 2012 avait une vraie cohésion, il y avait un esprit d’équipe, un entraîneur et il y avait des dirigeants. (…) Le doute est revenu dans la tête des joueurs à un moment où les Zambiens étaient supérieurs techniquement et tactiquement.

Hervé Renard a étudié la Côte d’Ivoire pendant une année et étudié les difficultés des Ivoiriens en début de parcours contre le Soudan par exemple. Il a joué sur les faiblesses mais les Ivoiriens peuvent perdre une fois et gagner les neuf fois mais sur un match tout peut arriver ». Les Ivoiriens n’ont-ils pas pris de haut les Zambiens au point de les minimiser ? Basile Boli renchérit : « les Ivoiriens ont été surpris par les Zambiens, qui ont fait un tournoi remarquable sans reproche. Le penalty raté de Drogba a amené un doute ».

Sur le penalty raté de Drogba, Basile Boli lève un coin de voile: « c’est un leader charismatique, un battant, quelqu’un qui est très fort moralement et quand un leader est en difficulté, ça déteint un petit peu sur le poids de l’équipe ; son emprise sur l’équipe était moins importante ». A savoir si la sélection ivoirienne n’est pas trop dépendante de son capitaine, l’ex-international rétorque : « je ne crois pas du tout, la Côte d’Ivoire a eu deux miracles, Didier Drogba et les académiciens de l’Asec mimosas. Cette génération pétrie de qualité mais qui n’arrive pas encore à gagner un titre continental. L’apport de Drogba est tellement important, il apporte du poids technique et surtout décisif ».

La division de la Côte d’Ivoire sur le plan politique n’a-t-elle pas joué sur l’échec de la sélection de football ? Sur ce cas, le consultant reste modéré et ajoute : « pas du tout car les Ivoiriens ont un entraîneur local qui est François Zahoui qui a apporté l’état d’esprit, la cohésion. Dans ses speechs de matchs, il a parlé de tout ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, de l’importance de cette équipe ivoirienne vis-à-vis des Ivoiriens, de tout ce que les Ivoiriens ont traversé, leur apport moral.

C’est un échec sportif certes mais ça aurait été super pour la réconciliation parce qu’on sait ce que le sport apporte en Afrique. Les joueurs auront donné quelque chose d’extraordinaire au pays ». Les Eléphants pourront-ils rebondir après cet autre échec ? Pour Basile Boli, cela est possible. «2013 c’est tout de suite. François Zahoui est conscient de cela ; j’espère qu’on va le laisser travailler et 2013 sera la bonne.

Même état d’esprit dans l’organisation technique : maintenir cette nouvelle équipe de la fédération qui a été exemplaire dans tout ce qui entourait l’équipe. Il faut continuer à travailler. Le football est un métier, la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain. Il faut réparer toutes les erreurs constatées dans le jeu et ne pas se faire avoir. Etre conscient de ses faiblesses et recréer un groupe et discuter avec chacun des leaders, faire venir du sang neuf.

Evidemment, les trentenaires, il faut parler avec eux car l’apport de l’expérience est important dans l’équipe. Il ne faut pas tirer à boulets rouges sur les anciens. Il faut équilibrer l’équipe et François Zahoui peut le faire ».

Franck. O

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