mercredi , 20 mars 2019

Wade comme son… »fils » Dadis en 2009

Me Abdoulaye Wade s’inspire-t-il du capitaine Moussa Dadis Camara pour répondre à l’occident ? La question mérite d’être posée, tant la dernière sortie du « Vieux » laisse apparaitre des similitudes non négligeables avec les propos de… son « fils », alors pressé de toute part, après le 28 septembre 2009.

 

A Dakar, on est loin pour l’instant d’une répression meurtrière à la dimension de celle vécue à Conakry. Mais la ferme volonté du président sénégalais de briguer un troisième mandat, ressemble de près à celle de l’ancien putschiste guinéen à s’accrocher au pouvoir lorsqu’il lançait à l’endroit des opposants « je peux ôter ma tenue et me porter candidat. Nul n’est plus Guinéen que moi ! ».

Face à un groupe de journalistes, en fin de semaine dernière, Me Wade, pressé par ses anciens partenaires européens et américains, a fini par lâcher du lest. Il ne conçoit pas que le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, et la Secrétaire d’Etat américaine, Hilary Clinton, parlent de sa candidature controversée. « Il n’est pas normal qu’un ministre d’un pays étranger se mêle de la politique d’un pays » pour dire ce que les Sénégalais doivent faire. Il résume l’attitude de la France et des Etats-Unis à « un manque de respect » vis-à-vis du Sénégal. « Qu’est-ce que ces manières-là. On ne peut l’accepter. Aucun sénégalais ne va l’accepter. C’est inacceptable, c’est indécent. Je répondrai éventuellement si Sarkozy avait parlé pour le parallélisme des formes », se révolte-t-il.

Ces propos du Doyen Abdoulaye Wade (premier au monde à apporter son soutien au Conseil National pour la Démocratie et le Développement devant la communauté internationale en décembre 2008, et à adouber son chef, le Capitaine Moussa Dadis Camara), rappellent la fameuse phrase « la Guinée n’est pas une sous-préfecture de la France. Je pouvais répondre si c’était mon frère Sarkozy », du jeune volubile putschiste guinéen, alors très furieux contre Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères au moment des faits.

Wade a certes abandonné son…fils Dadis à mi-chemin après les terribles massacres du 28 septembre 2009, mais la pression exercée sur lui depuis la validation de sa candidature par la cour constitutionnelle en fin janvier, l’amène à emprunter certaines voies déjà tracées par Moussa Dadis Camara.

Fatoumata Kéita
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