dimanche , 18 août 2019

L’étonnante grève des travailleurs de BHP Billiton

Les travailleurs du projet Boffa-Santou-Houda (BSH) conduit par BHP Billiton, dans le triangle Boffa-Télimélé-Sangarédi en Basse Guinée, sur ordre de leur syndicat, ont déclenché le 24 janvier, une grève générale illimitée. Mais quand on recoupe l’information avec la version de la direction générale, difficile de comprendre le bien-fondé du mouvement.

Officiellement, les grévistes ont déclenché leur mouvement pour non obtention d’une augmentation salariale de 200%, une couverture sanitaire, la révocation du directeur du projet Rick Smith, au motif qu’il n’a aucun respect pour eux. « Nous sommes allés en grève parce que nous n’avons pas eu gain de cause. Jusqu’à présent nous n’avons pas de contrat », selon Bafodé Chérif Camara, secrétaire général du syndical. En décidant d’aller en grève, les travailleurs se sont livrés à un tapage médiatique sans précédant, mettant au premier rang la mauvaise foi de la compagnie.

Le hic dans avec ce débrayage est que depuis quelques mois, les travailleurs et leur syndicat, environ 28 employés directs et 67 sous-traitants ont été informés par leur société de son intention d’abandonner ce site sur lequel elle effectuait des explorations pour la bauxite, pour deux raisons économiques. La baisse du prix de l’alumine et de l’aluminium sur le marché mondial, ainsi que la crise financière internationale.

BHP Billiton leur aurait proposé un cadre de discussion en vue d’obtenir des clauses de cessation de travail sur une base consensuelle. « Je leur est indiqué que nous allions fermer nos activités ici sur l’aluminium et qu’il y avait un plan social puisque le personnel est à démobilisé. J’étais prêt à discuter avec eux du plan social. La réponse a été qu’ils veulent continuer à discuter des augmentations salariales », a indiqué Jean-François David, Président-pays du projet BSH. « De mon point de vue, ça n’avait pas sens de demander une augmentation de salaire puisque le projet allait fermer ».

Au lieu de discuter de ce point de démobilisation ou négocier leur réaffectation dans d’autres projets codétenus par leur futur-ancien employeur, les employés (dont certains sont dans cette boîte depuis 2005), sont tout simplement allés en grève. Pourquoi demander une augmentation de salaire après six ans au sein de l’entreprise et au moment de la fermeture du projet ? Une société en phase de fermeture et qui promet de retourner les permis de recherche au gouvernement guinéen d’ici le 30 juin peut-elle augmenter les salaires ? Sur la base de quoi ?

Pour Jean-François David, en dépit de la grève des employés, BHP Billiton reste disponible pour la poursuite des négociations sur la démobilisation. « Nous sommes respectueux du droit syndical, du droit de grève. Il serait souhaitable que les partenaires sociaux se mettent autour de la table pour discuter des conditions sur la démobilisation. Nous sommes prêts pour la reprise du dialogue. Mais sur des bases réalistes ».

SOURCE : Minesdeguinee.com

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