dimanche , 21 octobre 2018

Guinée-Bissau: la danse des charognards

Quelques jours après la mort du président Malam Bacai Sanha, les prétendants à sa succession sont légion. On s’en doutait bien. La Guinée-Bissau, le pays de l’épique héros de la résistance coloniale, Amilcar Cabral, commence à tanguer.

La guerre de succession a commencé

Deux jours après le décès du maladif président Malam Bacai Sanha, le 9 janvier 2012 à Paris, la tension commence à monter. En effet, un collectif de partis de l’opposition conteste la nomination du président de l’Assemblée nationale, Raimundo Pereira, au sommet de l’Etat bissau-guinéen.

La raison: ces partis politiques craignent que, en sa qualité de président par intérim, Raimundo Pereira ne mette fin aux fonctions du procureur général qui diligente une enquête sur l’assassinat de plusieurs personnalités dont l’ancien président bissau-guinéen Nino Vieira en 2009.

L’homme, à ce qu’on dit, y serait impliqué et entretient des liens très étroits avec l’actuel Premier ministre Carlos Gomez Junior, qui ne fait guère mystère de son ambition de succéder à Malam Bacai Sanha. En fait, pour tout dire, il s’agit là d’une querelle de succession qui s’est enclenchée au moment même où la période de deuil de sept jours, annoncée par les hautes autorités du pays, n’est pas encore passée.

Tels des vautours percnoptères en quête de charogne, les héritiers de Bacai Sanha ont commencé à danser autour de sa dépouille, cristallisant ainsi les passions, la haine et les clivages. Comment vouloir d’une chose et son contraire? Alors que tout le monde souhaitait une transition constitutionnelle pacifique en Guinée-Bissau, il s’en trouve des politicards mal intentionnés qui, pour des raisons par eux seuls connues, cherchent à bouleverser les choses.

Vers une stabilisation de la situation politique

Il sied en l’étape actuelle des choses, et pour ne pas en rajouter à la complexité de la situation sociopolitique fragilissime, de laisser Raimundo Pereira diriger la transition, quitte à se montrer vigilant face à toutes les actions qu’il aura à mener durant son mandat.

D’autant que, tout président par intérim qu’il est, il n’aura pas les pleins pouvoirs pour se conduire à sa guise. Dans le cas contraire, on ne serait pas encore surpris de voir l’armée bissau-guinéenne, connue pour sa gloutonnerie et sa goinfrerie à nulles autres pareilles, s’inviter à la danse.

Comme ce fut le cas en Guinée Conakry où, à peine avait-on officiellement annoncé la mort du despote Lansané Conté, un capitaine bouffi d’orgueil et champion dans les frasques, était sorti du néant pour s’emparer du pouvoir qu’il dut quitter plus tard dans les circonstances que l’on sait, non sans avoir servi à l’opinion l’image d’un dilettante politique.

Et cela, la Guinée-Bissau n’en veut plus. Elle a besoin d’un sursaut patriotique de ses fils et filles pour vaincre le signe indien et se faire une place de choix dans le concert des nations. C’est le seul combat qui vaille la peine d’être mené si on ne veut pas troubler le sommeil du père fondateur de la Guinée-Bissau, entendez Amilcar Cabral.

Boundi Ouoba (Le Pays)

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