vendredi , 24 mai 2019

28 septembre 2009 – Affaires 6 milliards GNF : Leur moralité en cause

Les spéculations vont bon train sur l’usage qu’ont fait les leaders politiques des 6 milliards de francs guinéens débloqués après la répression meurtrière de la manifestation pacifique de l’opposition politique, le lundi 28 septembre, à Conakry. Des Organisations non gouvernementales s’exprimant au nom des militants exigent des explications. Mais pour Jean-Marie Doré, Premier ministre au moment du déblocage de la manne financière, les gens doivent circuler, il n’y a rien à voir.

Lors d’un entretien avec la presse, jeudi 29 décembre à Conakry, l’ancien Premier ministre et président de l’Union du Peuple de Guinée (UPG), Jean Marie Doré, a évoqué le sujet de 2 milliards perçus par chacun des trois leaders dont Sidya Touré, Elhadj Cellou Dalein Diallo et lui-même, au lendemain des événements du 28 septembre 2009, de  l’Etat. Face  à cette accusation, M. Doré estime que ce n’est qu’une campagne de « calomnie et diffamation » contre eux.

« On parle actuellement de deux milliards que Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, Jean Marie Doré auraient perçus dans le cadre, soit disant des réparations dues aux victimes des évènements du 28 septembre. Ce n’est pas comme ça ! C’est complètement faux ! C’est de la diffamation et de la calomnie », dit-il avant d’ajouter: « C’est moi, Jean Marie Doré qui ai pris l’initiative, j’assume pleinement la responsabilité de cette réparation insuffisante qui a été donnée à Cellou Dalein Diallo, à Sidya Touré et à Jean Marie Doré. Si quelqu’un n’est pas content qu’il porte plainte à la justice, je suis là pour répondre, donc il ne faut pas chercher la petite bête là où elle n’est pas », souligne le président de l’UPG.

Justement, si Jean-Marie Doré est remonté jusqu’à ce point, c’est qu’une ONG guinéenne dénommée Solidarité, Liberté et Démocratie pour la République (SOLIDER) a décidé de porter cette affaire en débat au cours d’une conférence de presse tout récemment. Sous le thème: « Aidez-nous à comprendre l’utilisation des 6 milliards des victimes du stade du 28 septembre 2009 donnés par l’Etat aux leaders des forces vives (Jean Marie DORE, Cellou Dalein DIALLO et Sydia TOURE) », l’ONG pense que les trois leaders politiques, également tous anciens Premiers ministres ont fait main-basse sur cet argent qui ne leur était pas destiné. L’ONG SOLIDER soutient que l’argent était destiné aux victimes des événements du 28 septembre 2009. Le président de ce mouvement, Mamady Doumbouya exige la restitution des 6 milliards aux victimes. Il préconise que cette somme soit domiciliée dans un compte connu de tous. Pour éviter une utilisation de cet argent à d’autres fins. M. Doumbouya et son ONG veulent que la gestion ainsi que la prise en charge des victimes soient confiées à organisme spécialisé dans ce domaine. Pour boucler la boucle, SOLIDER exige des trois leaders politiques des excuses publiques. A défaut, elle se « réserve  le  droit d’organiser une marche pacifique le 10 janvier, si rien n’est fait jusqu’à cette date pour satisfaire ces différentes revendications ».

Jean-Marie Doré qui pense que la revendication de ces citoyens équivaut à un pur dénigrement, a levé l’équivoque : «  l’argent que nous avons perçu était destiné à la réparation de nos résidences qui ont été saccagées et non aux victimes de la répression sanglante du stade du 28 septembre ».

Selon les enquêtes de l’ONU, la répression du 28 septembre 2009 a fait au moins 156 morts ou disparus, 109 femmes victimes de violences sexuelles et plusieurs centaines de blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels.

Dès lors, l’on comprendrait difficilement que des leaders politiques qui donnent des leçons de moral à toutes les tribunes, exigent la transparence du pouvoir à longueur de journée, acceptent, malheureusement, de percevoir des indemnités à titre de dommages et intérêts pour  avoir subi des pertes matérielles et refusent, par ailleurs, de s’en expliquer devant les autres victimes dont certaines ne sont même pas encore prises en charge. Fût-il un dédommagement circonscrit à ce trio, comme le clame le président de l’UPG. Grands orateurs devant l’éternel, Jean-Marie Doré, Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo sont curieusement restés muets comme une carpe, jusqu’à ce que la presse révèle l’affaire au grand jour.

Une leçon de plus pour les militants.

Le Nimba

 

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