dimanche , 8 décembre 2019

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il est mort, son fils désigné comme « le grand successeur »

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il est mort samedi d’une crise cardiaque, léguant à son fils Kim Jong-Un désigné pour sa succession, un pays parmi les plus fermés au monde, doté de l’arme nucléaire mais isolé au plan diplomatique, ainsi qu’une économie moribonde.

Kim Jong-Il, dont la santé s’était rapidement dégradée après un accident cérébral en 2008, était âgé de 69 ans, selon sa biographie officielle.

Il dirigeait d’une main de fer depuis la mort de son père, Kim Il-sung, en 1994, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), unique dynastie communiste de l’Histoire où règnent culte exacerbé de la personnalité, censure, exécutions et internements arbitraires dans des camps considérés par les ONG comme des mouroirs de masse.

Kim Jong-Un, plus jeune fils du dirigeant Kim Jong-Il, a été décrit très officiellement comme le « grand successeur » de son père.

« A l’avant-garde de la révolution coréenne se trouve à présent Kim Jong-Un, grand successeur de la cause révolutionnaire du Juché et chef remarquable de notre parti, de notre armée et de notre peuple », a rapporté l’agence officielle nord-coréenne.

Le Juché désigne l’idéologie développée par le fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-Sung, père de Kim Jong-Il et grand-père de Kim Jong-Un, mélange de communisme et d’autosuffisance.

Les Etats-Unis ont immédiatement fait savoir qu’ils surveillaient la situation « de près » en soulignant que Washington souhaitait la « stabilité » dans la péninsule coréenne.

« Nous surveillons de près les informations sur la mort de Kim Jong-Il. Le président (Barack Obama) a été mis au courant, et nous sommes en contact étroit avec nos alliés en Corée du Sud et au Japon », où les Etats-Unis possèdent des bases avec des milliers d’hommes stationnés, a affirmé un porte-parole de la Maison Blanche dans un court communiqué.

« Nous restons engagés à la stabilité dans la péninsule coréenne, et à la liberté et la sécurité de nos alliés ».

La mort de Kim survient alors que Washington et Pyongyang avaient relancé leurs consultations directes ces derniers mois au sujet du nucléaire nord-coréen, avec parfois l’intercession de la Chine, l’un des derniers soutiens du régime.

A Pékin, le drapeau de l’ambassade nord-coréenne a été descendu à mi-mât lundi matin, a constaté un photographe de l’AFP.

En Corée du Sud, l’armée a été placée en état d’alerte et le gouvernement a annoncé une réunion en urgence de son Conseil de sécurité national. Les deux Corées restent techniquement en état de conflit armé depuis l’armistice précaire signé à l’issue de la guerre de Corée (1950-53).

Les Sud-Coréens oscillaient entre craintes et espoir lundi matin à Séoul.

« Je pense que la Corée du Nord va finalement s’ouvrir beaucoup plus tôt que prévu », estimait ainsi un homme d’affaires, Ko Jae-Lin.

Le Japon, ancienne puissance coloniale en Corée (1910-1945), a annoncé une réunion d’urgence du gouvernement et présenté ses « condoléances » pour le « décès inattendu » de Kim.

« Le gouvernement japonais espère que cette situation ne va pas avoir de conséquences négatives sur la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne ».

Né officiellement le 16 février 1942, Kim Jong-Il est décédé le samedi 17 décembre à 08H30 locales (le 16 décembre à 23H30 GMT) d’un « infarctus du myocarde sévère et une crise cardiaque » dans son luxueux train blindé, au cours d’un déplacement en province, selon l’agence nord-coréenne.

Kim, dont la biographie officielle et apologique souligne le sacrifice permanent de sa vie pour son pays, « a succombé à un grand épuisement mental et physique », a-t-elle souligné.

Une présentatrice en pleurs a également annoncé sa mort à la télévision d’Etat, rappelant les scènes d’hystérie –pour partie orchestrées, soulignent les détracteurs du régime– qui avaient accompagné la mort de Kim Il-Sung.

Promu ces dernières années aux plus hautes fonctions militaires et politiques, le futur leader nord-coréen, Kim Jong-Un, est largement énigmatique.

Les médias officiels ont appelé les Nord-Coréens à le reconnaître comme leur nouveau leader.

« Tous les membres du Parti (des travailleurs, ndlr), les militaires et le public devraient suivre fidèlement l’autorité du camarade Kim Jong-Un », a exhorté l’agence KCNA.

Les funérailles nationales de Kim Jong-Il ont été fixées au 28 décembre à Pyongyang. Les autorités ont décrété un deuil du 17 au 29 décembre.

AFP

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