mercredi , 20 mars 2019

Subvention de l’Etat à la presse: Quand Martine Condé décide de faire payer les dettes de sa radio par la presse en ligne !

Dans une décision du CNC (N°11/SP/CNC/12/2011) en date du 9 décembre, la Présidente Mme Iboudou Martine Condé a procédé à un réaménagement injuste des répartitions de la subvention annuelle accordée aux médias guinéens. Elle a unilatéralement exclu la presse en ligne en ne lui accordant que la moitié du montant qui lui était initialement destiné.

Sur une somme de 333 millions 333 mille 333 GNF qui revenait  à l’AGUIPEL (Association Guinéenne de la Presse en Electronique), la décision du CNC n’a accordé que seulement 166 millions 628 mille 007 GNF, sur un total de 1 milliard GNF accordé à toute la presse guinéenne.

L’autre moitié de l’argent, qui devait revenir à la presse électronique, a été attribuée à l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (Urtelgui).

La Présidente du CNC, qui est aussi promotrice de la radio privée Soleil FM (toute chose qui est contraire aux règlements de l’institution en charge de réguler l’information en Guinée) a justifié sa décision  par le fait que l’URTELGUI aurait des « charges multiples, notamment le paiement des redevances annuelles à l’ARPT (Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications). Il ne manquait qu’à ajouter que Soleil FM, la radio de la présidente du CNC, doit beaucoup à l’ARPT. En clair, Mme Martine Condé, Présidente du CNC, veut que les sites internet paient  les dettes de sa radio.

Ainsi, l’URTELGUI reçoit  «la somme de 500 038 666 GNF au lieu de 333 333 333 GNF » initialement prévus suivant un partage équitable du milliard accordé aux trois associations de presse.

Malgré les multiples rencontres de concertations à propos d’une répartition équitable de cette subvention, où des consensus avaient été trouvés pour éviter de favoriser une association au détriment d’une autre, la présidente du CNC a surpris tout le monde en prenant cette décision unilatérale. Comme si les médias en ligne n’avaient pas de « charges multiples » (pour reprendre l’expression de Mme Condé ».

Pourtant, comme toute entreprise de presse, les médias en ligne ont des charges très énormes. Ces charges ont pour nom : les salaires des employés, les frais de connexion, d’hébergement des sites internet (en devise), de communication ainsi que les frais de location des sièges. Excusez du peu !

Il reste évident que dans cette affaire, l’AGUIPEL est décidée à user des tous les moyens légaux pour contrecarrer cette décision injuste.

On comprend par là que l’Etat donne la subvention par la porte et le CNC tente de la récupérer par la fenêtre sur le dos de l’ARPT. L’Aguipel reviendra  plus amplement sur les  prochaines éditions.

 

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