mardi , 20 août 2019

Lutte contre la corruption : le ministre Aboubacar Sidiki Coulibay fait appel au colonel Tiégboro

La Guinée, à l’instar de la communauté internationale, a célébré vendredi la journée mondiale de lutte contre la corruption. L’occasion saisie par le ministre en charge des Audits et du Contrôle économique pour déballer sa stratégie visant à endiguer le phénomène en Guinée, 164ème sur 178 pays en 2010, selon Transparency.
Au nombre des réformes initiées, le ministre Coulibaly a annoncé la création d’un numéro vert, le 147, pour la dénonciation des cas de fraudes. Il a aussi procédé au lancement du site de son département, le www.controleguinee.org, pour non seulement donner plus de visibilité à son ministère, mais également permettre aux citoyens de déposer des plaintes en ligne ou de dénoncer des cas de fraudes. Ce site internet se promet aussi de classer les départements ministériels et directions en fonction des degrés de perception de la corruption ou de la malgouvernance.

Mais la plus remarquable des reformes engagées par le ministère des Audits et du Contrôle économique aura été la signature d’un partenariat avec le Secrétariat général à la Présidence chargé de la lutte anti-drogue et des crimes organisés, dirigé par le colonel Moussa Tiégboro Camara.

Pour le ministre Aboubacar Sidiki Coulibaly, il était utile que les structures mises en place pour lutter contre les crimes organisés participent à la lutte anti-corruption. « Nous ne sommes pas outillés pour mener ces enquêtes. C’est pourquoi nous avons estimé que ce partenariat pouvait se développer ».

Le Secrétaire général à la Présidence chargé de la lutte anti-drogue et des crimes organisés, Colonel Moussa Tiégboro Camara pour sa part rassure que ses services, forts de plus de 100 officiers de police judiciaire ne recourront pas à la force au cours des investigations, comme ce fut le cas en 2009, dans la cadre de la répression contre le trafic de drogue.

«  Si on a été choisi parmi tant d’autres services pour accomplir cette mission, c’est avec fierté que nous avons l’avons accepté. Nous sommes un service d’enquêtes. On ne peut pas être rattaché à la Présidence et faire du n’importe quoi. Si le choix est tombé sur nous, nous sommes résolument engagés à accompagner l’Agence nationale de lutte contre la corruption. Même vous (ndlr : les journalistes), si vous êtes accusés de corruption, on vous convoquera», prévient-il.

Selon le colonel Camara, les contextes ont changé. « Quand on parle de narcotrafiquants, on ne pouvait pas se présenter avec un bic ou une feuille », dit-il, pour justifier les perquisitions et les interpellations musclées en 2009 dans la cadre de la lutte contre le narcotrafic.

Pour l’officier de gendarmerie, avec son conseiller juridique et des hommes bien formés, son service mènera des investigations et convoquera des présumés coupables de corruption conformément à la loi et dans le respect de la dignité humaine.


Elie Ougna
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