mercredi , 24 février 2021

Justice : des ONG s’inquiètent face aux pratiques de torture en Guinée

Les ONG « Mêmes droits pour tous (MDT) », « Organisation Guinéenne de défense des droits humains (OGDH) », « Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (AVIPA) » et « Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)-France » ont attiré l’attention de la communauté internationale, mercredi, sur la recrudescence des cas de tortures en Guinée.

Au cours d’une conférence de presse sur le thème : ‘’Torture : la force fait la loi, étude du phénomène tortionnaire en Guinée’’, ces ONG ont indiqué que la torture est toujours d’actualité en Guinée, en dépit de l’élection d’un nouveau président.

Pour le responsable programme Afrique ACAT-France,  Boursin Clément, près d’un an après l’élection d’Alpha Condé, à l’issue d’un scrutin démocratique, le phénomène tortionnaire existe toujours en Guinée. « Dans ce pays, les forces de sécurité guinéennes usent encore régulièrement de la torture et de mauvais traitements lors d’arrestations, de gardes à vue ou de détentions à l’encontre de suspects de droit commun, de prisonniers, de personnes considérées comme des sympathisants de l’opposition politique et de militaires accusés de vouloir renverser le pouvoir en place », explique t-il dans ce rapport.

Il insiste sur le fait que ce premier président élu démocratiquement a promis d’entreprendre des reformes du secteur de la défense et de la sécurité ainsi que celui de la justice en vue de rendre ses forces républicaines et faire de l’état de droit une réalité. Pourtant, regrette-t-il, la torture perdure en toute impunité.

Le rapport publié aujourd’hui à Conakry pointe du doigt l’absence de volonté politique de juger et sanctionner les auteurs et responsables d’actes de tortures ou de mauvais traitements, qui, forts d’un sentiment d’immunité et d’impunité, continuent à user de la violence dans le cadre de leurs activités de maintien de l’ordre et de la sécurité.

Ces ONG soulignent plusieurs défaillances liées  aux exactions dont l’utilisation de la torture et les mauvais traitements pour punir les opposants politiques et leurs sympathisants  lors des répressions de manifestations ou de rassemblements publics. Elles fustigent aussi le manque de critères objectifs et  méthodes légales et vérifiables dans la plupart des enquêtes de police et de gendarmerie, l’absence de sanctions ou de poursuite des auteurs et responsables d’actes de tortures et l’absence de volonté politique des régimes successifs pour lutter contre l’impunité.

Le secrétaire général de l’OGDH, Bah Souleymane, a déclaré que le ministre guinéen de la justice a tenu des propos frisant une tentative d’intimidation à l’encontre des membres de ces ONG qui s’étaient rendus chez lui pour lui présenter le rapport. « Il nous a aussi dit que ce gouvernement ne peut pas prendre en compte tous ce qui s’est passé pendant les précédents régimes », a affirmé M. Bah.

Oury Bah
+224 62 85 68 59
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