lundi , 23 septembre 2019

G20: Un sommet pollué par la crise de l’euro et le chaos grec

ÉCONOMIE – Après deux jours de discussions entre les leaders internationaux, le G20 s’est clôturé vendredi… C’est un G20 à l’attention focalisée sur la crise en Europe qui s’est clos ce vendredi à Cannes, après deux jours de négociations.

Chamboulé par l’annonce puis l’abandon du référendum grec sur le plan d’aide européen, son ordre du jour a délaissé certaines des autres prérogatives du sommet, au grand dam des altermondialistes et des ONG. 20Minutes vous propose un retour en quatre points clé sur ces deux jours de réunion internationale.

Mic-mac autour du référendum grec

Les Européens ayant réussi leur sommet de la dernière chance dans la nuit du 26 au 27 octobre, la question de la crise de la dette en Europe paraissait réglée, une semaine avant l’ouverture du G20 à Cannes. Mais lundi, le Premier ministre grec Georges Papandréou a suscité surprise et consternation en annonçant l’organisation d’un référendum sur le plan d’aide européen. En plus de retarder sa mise en place, un «non» à ce référendum aurait remis en cause l’existence même du plan d’action européen.

Les négociations autour du référendum, entre Papandréou et ses partenaires européens, ont pollué l’ouverture du G20. Sous la pression, le Premier ministre grec a d’abord cédé sur plusieurs demandes de ses partenaires européens, mercredi et jeudi, en avançant la date de ce référendum au 4 décembre et en en précisant l’objet: le maintien ou pas de la Grèce dans la zone euro. Puis, suite aux déclarations de l’opposition politique grecque appelant à la formation d’un gouvernement de transition et à un soutien du plan d’aide européen, Papandréou, par la voix de son ministre des Finances, a carrément renoncé, vendredi, à son projet de référendum.

Des décisions pour mettre fin aux paradis fiscaux

Beaucoup de projets et de bonnes résolutions, mais peu de décisions concrètes ont été prises lors de ce G20. La finance, européenne notamment, a monopolisé l’attention des leaders mondiaux. Une des mesures principales adoptées à l’issue du sommet est la sévérité accrue envers les paradis fiscaux. «Nous n’en voulons plus et les pays qui le demeurent seront mis au ban de la communauté internationale», a appuyé Nicolas Sarkozy dans son dicours de clôture, vendredi, énumérant les onze paradis fiscaux dans le collimateur du G20.

Une autre liste a été dressée: celle de 29 banques (dont quatre françaises: BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et Banque populaire) qui devront renforcer sensiblement leurs fonds propres d’ici 2019 en raison des risques que leur taille ou leur complexité feraient peser sur le système financier international si elles étaient en difficulté.

Autre mesure phare du G20 cannois: le renforcement du Fonds monétaire international (FMI) et du Fonds européen de stabilité financière (FESF). A propos de ce dernier, les pays «Brics» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont déclaré qu’ils n’apporteraient aucun soutien, s’entendant sur le fait qu’une aide financière à la zone euro ne pouvait transiter que par le FMI.

D’autres sujets importants ont été abordés lors du sommet. L’agriculture, en premier lieu, fixé à l’ordre du jour du G20 pour la première fois, selon le président français. Les leaders mondiaux se sont engagés à «augmenter durablement la production et la productivité agricole» et à renforcer, sur le principe, la transparence des marchés des matières premières agricoles. Le sujet de la gouvernance mondiale, enfin, a été débattu lors du sommet. Nicolas Sarkozy voulait un secrétariat général du G20, pour un meilleur suivi des décisions prises lors de ces réunions internationales. Il n’aura obtenu qu’une institutionnalisation de la troïka, partenariat entre la présidence montante, le présidence sortante et la présidence actuelle du G20.

Nicolas Sarkozy critiqué (mais félicité par Obama)

La très bonne entente entre les présidents français et américain a été remarquée lors du sommet. Barack Obama a notamment salué le «leadership» de Nicolas Sarkozy à la fin du G20. Mais le chef de l’Etat français n’a pas échappé aux critiques. Elles ont d’abord été politiques. En France, le député PS Michel Sapin, proche de François Hollande, a déclaré sur France info: «Ce G20 est raté, ce qui devait être un G20 pour remettre de l’ordre dans le monde n’est qu’un G20 tourné vers l’Europe et qui lui dit « remettez de l’ordre chez vous »». Présente à Cannes, Eva Joly (candidate EELV) a fait part à 20Minutes de ses critiques. Les altermondialistes, présents à Nice et à la frontière monégasque, ont parlé d’un bilan «totalement négatif» du G20, et les ONG ont fait part de leur déception.

Des incertitudes demeurent

Il y a d’abord la fin d’une semaine chaotique pour la Grèce, qui s’achève ce vendredi soir avec un vote de confiance au Parlement auquel est confronté Georges Papandréou. En cas de confiance, un gouvernement de transition devrait être créé, dont la première mesure pourrait être la validation du plan d’aide européen. En cas de motion de censure, des élections législatives anticipées auraient lieu, prolongeant la situation chaotique du pays.

L’Italie se retrouve aussi sous les projecteurs, Silvio Berlusconi devant, désormais sous la surveillance du FMI, montrer qu’il est capable de remettre de l’ordre dans les finances de son pays. Toujours en Europe, le sujet à suivre sera la taxation des transactions financières. Défendue bec et ongles par Nicolas Sarkozy, l’idée n’a séduit qu’une minorité de participants au G20. En plus de la France, de l’Allemagne et de la Commission européenne, l’Espagne, l’Argentine, l’Afrique du Sud, le Brésil, se sont dits intéressés par le principe de cette taxe, qui doit servir à financer le développement dans les pays les plus pauvres, a déclaré le chef de l’Etat en clôturant le sommet. Elle sera discutée, au niveau de l’Union européenne uniquement, «dès le début» de 2012, a promis Nicolas Sarkozy.

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