lundi , 19 août 2019

Cellou Dalein Diallo : « Comment j’ai géré les 2 milliards de francs guinéens »

Le président de l’UFDG, en séjour à Paris, explique l’utilisation du montant de 2 milliards fg reçus de l’Etat guinéen, à la suite des évènements de septembre 2009. Lisez.

« Je vous remercie de m’offrir l’opportunité de m’exprimer sur cette affaire. Pour rappel, le jour des évènements du 28 Septembre 2009 au stade du même nom j’avais en tant que président de l’UFDG subi des dommages moraux et physiques dont vous vous souvenez tous ici. Après le stade, les militaires étaient venus chez moi pour piller la maison, enlever les plafonds, détruire le mobilier qui y était et tous les engins roulants qui s’y trouvaient (véhicules, motos,…) et emporter les bijoux de ma femme ainsi que beaucoup d’autres biens» déplore le président de l’UFDG.

« Quelques mois après cette terrible affaire, j’ai reçu sur mon compte dormant à la Banque Centrale deux milliards de FG de la part du gouvernement de l’époque dirigé par Jean Marie DORE pour me dédommager des biens que j’avais perdus au même titre et à la même hauteur que Sidya Touré et JM DORE. J’ai reçu ce dédommagement de la part du gouvernement alors que je n’avais rien réclamé» précise-t-il.

«Conscient que j’assistais déjà des victimes du 28 Septembre 2009 avec mes propres fonds, j’ai décidé d’utiliser ces deux milliards dans ce sens en ma propre discrétion» précise Mr Diallo. «C’est ainsi que j’ai donné 100 millions de FG via un chèque à la clinique « mère et enfants » qui avait pris en charge beaucoup de malades victimes du 28 Septembre sans recevoir aucune aide. Ensuite, j’ai remis cinquante millions aux Associations qui se constituaient pour défendre les intérêts des victimes avec toutes les preuves à l’appui» renchérit-il.

«Par ailleurs, le jour des évènements du 28 Septembre dans la cour de mon domicile, il y avait sept voitures et qui avaient été enlevées. Ces véhicules ne m’appartenaient pas ; ils appartenaient plutôt à des cadres de mon parti. C’est ainsi que j’ai débloqué trente millions de FG pour remettre à chacun des propriétaires de ces voitures pour leur dédommager des disparitions de leurs véhicules » martèle Cellou Dalein.

«Il y avait également dix motos qui étaient garées dans ma cour (le jour de l’attaque, ndlr). Des motos qui appartenaient aux militants de mon parti. J’ai débloqué également cinq millions de FG que j’ai remis à chacun des propriétaires pour leur permettre de racheter d’autres motos» tient-il à préciser.

«A un moment donné, j’ai décidé d’arrêter de dépenser cet argent à ma propre discrétion en faisant une fondation. C’est ainsi que j’ai fait appel à l’une de nos compatriotes Mme Hawa Dramé qui a fait une fondation au Burkina Faso et qui marchait très bien de m’aider à constituer ma fondation dans ce sens. Mais c’était dans l’entre deux tour de la présidentielle ce qui compliquait d’avantages les choses. Du coup, nous avons décidé de mettre les choses en stand-by jusqu’à la fin de la période électorale» précise-t-il.

«Fidèlement à mes engagements, quand je suis rentré tout récemment, j’ai repris contact avec Mme Hawa Dramé pour la mise en place de cette fondation. Mais Madame Dramé m’a fait comprendre qu’elle souhaitait mettre en place une fondation à son propre compte en Guinée comme celle qu’elle gérait au Burkina Faso. A noter que Mme Dramé est une femme très aguerrie en la matière car elle avait reçu le soutien de beaucoup d’ONG et fondations européennes ainsi que du système des Nations Unies comme l’UNICEF. Malgré le fait de vouloir mettre en place la fondation à son propre nom, elle s’est dit quand même disposée de gérer les sommes allouées dans le cadre d’un fond spécial si je désigne un comité de gestion qui devrait se prononcer sur sa gestion» explique-t-il.

«Après cet échange, j’ai appelé les présidents des Associations des victimes, pour leur informer que je mettais en place un montant à leurs dispositions avec deux options, soit mettre en place ma propre fondation avec laquelle nous allons assister les victimes ou remettre les fonds à Madame Dramé avec un comité de pilotage pour bien gérer les fonds suivant les règles de l’art. Les présidents des Associations des victimes m’ont répondu qu’ils allaient prendre contact avec Mme Dramé pour échanger et en retour ils me feront des recommandations. Voilà où nous en sommes avec cette fondation» conclut le patron de l’UFDG.

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