dimanche , 16 décembre 2018

Aéroport Félix Houphouet-Boigny: Le film de l’arrestation de Séka Séka

Les policiers de l’aéroport Félix Houphouet-Boigny ont réalisé une belle prise, samedi dernier. C’est un beau coup de filet que les agents de la police des frontières et les gendarmes ont réalisé, samedi, à l’aéroport international Félix Houphouet-Boigny.

Le ‘’wanted’’ sur lequel ils ont mis le grappin n’est autre que le commandant Enselme Séka Yapo dit Séka Séka, en cavale depuis la capture de Laurent Gbagbo, le 11 avril dernier. Il a été cueilli à l’aéroport de Port-Bouët où il était en escale. Selon des informations dignes de foi, le patron de la sécurité personnelle de l’ex-première Dame, Simone Gbagbo, avait embarqué, aux Iles Maurice, très tôt dans la matinée de samedi, à bord d’un vol régulier. En partance pour la capitale guinéenne, Conakry, l’avion emprunté par Séka Séka a fait une escale à Abidjan aux alentours de 15 heures à l’aéroport Félix Houphouet-Boigny. Dans la capitale guinéenne, Enselme Séka Yapo avait une rencontre importante. Il aurait même déclaré à la police, qu’il avait rendez-vous avec le chef d’état-major guinéen. C’est au cours de cette escale que l’aide de camp de Simone Gbagbo qui voyageait pourtant sous une fausse identité, a été pris dans les filets des forces de sécurité. Nos sources à l’aéroport de Port-Bouët assurent que c’est un Ivoirien qui voyageait à bord du même appareil qui aurait signalé aux policiers présents sur la plate-forme aéroportuaire, un individu suspect dans l’avion. Les policiers qui voulaient en avoir le cœur net, s’empressent de vérifier l’information. Et là, c’est bingo. Le suspect en était bel et bien un. Il s’agissait de l’un des hommes forts du régime Gbagbo. Il a été conduit au poste de police où les gendarmes de l’aéroport sont venus le chercher. C’est donc à la gendarmerie mitoyenne de l’aéroport de Port-Bouët, que Séka Séka a accepté de se dévoiler après avoir été cuisiné par ses anciens frères d’armes. Mais, comme le gros poisson ne pouvait pas rester-là, il a été conduit, sous une bonne escorte, au camp commando de Koumassi où il est gardé depuis samedi soir. Il a déjà été soumis à un premier interrogatoire et rien n’indique que les autorités militaires voudront lui laisser le moindre répit.

Selon toute vraisemblance, le wanted qui a été appréhendé, samedi dernier, à l’aéroport Félix Houphouet-Boigny, devrait séjourner encore quelques jours, pour nécessité d’enquêtes. Car, il faut savoir que le nom de Séka Séka a été associé à de nombreuses atrocités commises en Côte d’Ivoire. On lui attribut notamment la paternité des escadrons de la mort qui ont fait fureur dans le pays, de 2003 à 2006. Réputé sans pitié, le capitaine Anselme Séka Yapo serait également le patron du commando qui a enlevé, en avril 2004, le journaliste franco-canadien, Guy André Kieffer. Toujours aux avant-postes quand il s’agit de cruauté, Séka Séka, passé commandant en août 2010, est cité dans des exécutions sommaires qui ont été commises à l’Ecole de gendarmerie d’Abidjan, durant la crise post-électorale qui a duré de décembre 2010 à avril 2011. Là-dessus, c’est le général Georges Guai Bi Poin qui a rajouté une couche épaisse de ce qu’on savait de négatif sur l’ex-aide de camp de Mme Gbagbo.

Arrêté puis interrogé pour des faits d’exécutions sommaires à l’Ecole de gendarmerie, l’ancien patron du Centre de commandement des opérations de sécurité (CeCos) n’a pas hésité, un seul instant, à charger le Cdt Séka Séka. Celui-ci devrait très rapidement être entendu par les services du procureur de la République près le tribunal du Plateau, Simplice Kouadio Koffi. Le juge Patrick Ramaël qui suit l’affaire Kieffer devrait aussi montrer beaucoup d’intérêt à entendre l’une des pièces-maîtresses de l’enlèvement du journaliste franco-canadien.

Marc Dossa (in Nord-Sud)

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