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Après le 28 septembre 2009, Cellou Dalein se fait rembourser 2 milliards- Les Guinéens n’ont pas la mémoire courte

L’actuelle opposition guinéenne est-elle condamnée à l’éternel recommencement ? On est enclin à le penser au regard du constat depuis les élections. Comme Sisyphe roulant sa pierre, elle évolue dans les méandres que des ambitions personnelles ont modelé et où s’entremêlent, scissions, querelles de leadership, etc.

Si, sous d’autres cieux, les oppositions ont souvent réussi à s’accorder sur un minimum pour rendre le jeu démocratique crédible et digne d’intérêt, ici en Guinée, il faut malheureusement reconnaître qu’on nage en véritable eau trouble dans ce milieu qui n’arrive pas à se débarrasser de ses tares. Chaque chefaillon se prenant pour le nombril de la terre est convaincu qu’il est le salut de cette opposition qui s’effrite de jour en jour. Peine perdue, la stratégie serait de mettre à nouveau les enfants dans la rue pour faire un remake du 28 septembre 2009. Seulement voilà, cette opposition, Cellou Dalein en tête, croit que les Guinéens ont la mémoire courte. Pourtant, le 28 septembre 2009, ce n’est pas aussi loin que cela. Après avoir timidement appelé à une série de manifestation qui commencera le 27 septembre jusqu’en octobre, Cellou Dalein Diallo a pris discrètement ce18 septembre, son avion pour Bamako et Abidjan. Qui est fou ? Le leader de l’UFDG se rappelle sûrement ses dommages corporels du 28 septembre 2009 et a juré qu’on ne l’y prendrait plus. Sa famille et celle de son bureau politique sont à l’abri en Europe et dans les capitales voisines. Ce sont les enfants des autres qu’on préfère mettre dans la rue et épargner les siens. Les militants de l’UFDG se laisseront-ils longtemps berner par cet homme dont l’ambition est de conquérir coûte que coûte le pouvoir, quels que soient le prix à payer ?

Contrairement au professeur Alpha Condé qui avait déclaré qu’il ne voulait pas gouverner des cimetières, Cellou Dalein Diallo est prêt à tout pour arriver à Sékhoutouréya. Comme nous l’écrivions il n’y a pas longtemps, ses militants devraient se rappeler qu’après les événements du 28 septembre 2011, le même Cellou Dalein Diallo s’est fait gracieusement rembourser par l’Etat 2 milliards de francs guinéens représentant selon lui les pertes qu’il aurait subies à son domicile après le passage de la soldatesque.

Sans constat d’huissier, sans preuve établie, il a estimé les pertes subies à son domicile suite à une descente de bérets rouges à deux milliards de GNF et l’Etat sous la transition a payé. Et Cellou s’en est mis plein les poches. Comme qui le dirait trivialement, Cellou Dalein Diallo a mangé le sang des 157 morts du stade du 28 septembre.

Le bon, le mal, ‘’Hallal’’, ‘’Haram’’, sont des expressions utilisées à tord et à travers par les religieux, mais dans un contexte limité par le temps et le lieu. Les biens publics sont ‘’Hallal’’ quand un fils, un cousin, un proche, ou un allié, les détournent. Par contre, si c’est un inconnu du cercle familial ou tribal, les détournements deviennent automatiquement ‘’Haram’. Pour Cellou Dalein Diallo qui a ainsi volé deux milliards à l’Etat, cet acte répréhensible est Hallal.

Que s’est-il passé en fait ? Le 28 septembre 2009, après que les leaders des Forces vives aient été copieusement passés à tabac au stade, un groupe de bérets rouges a fait une descente au domicile de Cellou Dalein Diallo où ils ont vandalisé des véhicules et emporté ce qu’ils pouvaient. Chez Cellou Dalein Diallo, les pare-brises des véhicules ont été cassés, des télévisions et autres appareils emportés. Cellou Dalein Diallo avait d’un premier temps estimé les dégâts à un milliard avant de revoir ses prétentions à la hausse quand l’Etat a marqué son accord de remboursement. Quid des victimes du 28 septembre ? Cellou Dalein Diallo s’en bat l’œil et le moulin. Et pourtant, c’est à cause de lui que ces jeunes et femmes se sont rendus au stade. C’est à cause de lui qu’ils ont perdu la vie. Il eut fallu d’abord dédommager les parents des victimes avant de penser à Cellou Dalein Diallo dont aucun enfant n’était au stade. Le bien matériel est-il plus important que la vie ? Pour Cellou Dalein oui ! Il aurait dû se battre pour les familles des 157 victimes avant de penser à lui-même. C’est cela le leader.

Il n’y a pas eu que des morts au stade du 28 septembre. Il y a eu 256 blessés qui auraient pu bénéficier de ces deux milliards en lieu et place de ce crésus qui n’en n’avait nullement besoin. Alors que ces blessés ont été laissés à eux-mêmes, les enfants de notre triste sir, dès un petit bobo, se précipitent dans les hôpitaux occidentaux.

Quant l’auteur de cet article a rendu publique la forfaiture, Cellou Malin Diallo s’est empressé de créer une pseudo Fondation pour, dit-il, assister les victimes du 28 septembre, un mois après avoir perçu le pactole. Une Fondation qui n’a pas de reconnaissance officielle et qui n’a versé à ce jour aucun kopeck aux victimes du 28 septembre.

Et dernièrement, lorsque ses militants ont été arrêtés suite à une manifestation consécutive à son retour, ce sont les parents des prisonniers qui se démêlés comme de beaux diables pour assister leurs enfants. Il n’y a eu aucune assistance financière de la part de Cellou Dalein Diallo. C’est cet homme qui veut encore remettre les enfants dans la rue pensant que l’armée tirera une fois de plus sur eux. Quelle ambition pour le pouvoir !

Autrement dit, Cellou Dalein appelle à un soulèvement populaire, une sorte de réédition du 28 septembre 2009 pour faire partir celui qui vient d’être réélu pour un mandat de cinq ans. Toutefois, les militants de l’UFDG n’ont pas la mémoire courte. Les Guinéens non plus.

 

SOURCE: MEDIAGUINEE

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