jeudi , 2 juillet 2020

Energie – Kaléta : pourquoi la Guinée a ‘’court-circuité’’ l’OMVG

Deux semaines après la signature du contrat de construction du barrage hydroélectrique de Kaléta signé par la Guinée et China International Water & Electric, le ministre d’Etat à l’Energie et à l’Environnement, Papa Koly Kourouma, est apparu devant la presse mercredi pour donner des précisions sur ce deal et sa portée.

Selon M. Kourouma, l’aménagement du barrage hydroélectrique de Kaléta est un projet qui a connu un premier échec en 1999 lorsque la Guinée a voulu le combiner avec celui de Garafiri. Ensuite avec Gabco, un projet minier.

C’est alors que l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie a manifesté son ambition de construire ce barrage et de l’intégrer dans son système énergétique. Dans la foulée, un contrat de bail de 80 ans, avec une location annuelle de plus de 800 000 euros est signé, d’après M. Kourouma qui précise qu’en dépit des conditions de rétrocession du barrage à la Guinée restées très floues, en 2009, le Sénégal a refusé de payer sa part d’allocation à la Guinée , estimée à 120 millions d’unités de compte. Comme pour ne rien arranger, le bail emphytéotique de 80 ans passe à 99 ans la même année.

Pour Papa Koly Kourouma, la Guinée ne devait plus continuer à attendre des projets de rêves alors que ses besoins énergétiques se font de plus en plus pressants et ses populations beaucoup impatientes.

« Avec le potentiel de plus de 6000 mégawatts, nous avons pensé que la solution pour la Guinée était l’énergie hydroélectrique. C’est ainsi que nous avons pensé à porter ce projet à la connaissance du gouvernement. Vu l’incertitude qui planait sur le barrage de Kalaté, avec le refus de payer les allocations, nous avons estimé qu’il était bon de le réaliser dans le cadre guinéen, et de respecter les règles de session de l’énergie qui vont transiter par les lignes d’interconnexion pour être vendue dans les marchés de l’OMVG », a relaté le ministre d’Etat.

Il indique que le choix de la société chinoise est du au fait que les études d’avant-projet de Kaléta avaient été réalisées par la BAD à titre de don. Mais, l’OMVG, dans le cadre de la mobilisation du financement, avait signé deux protocoles d’accord avec la China International Water & Electric et Chino Hydro. Là aussi, selon lui, la première société a remporté le marché grâce à ses offres très favorables (526 millions de dollars taxes compris).

S’exprimant sur les données techniques de l’infrastructure, le parton du département de l’Energie soutient, très rassuré, que le barrage de Kaléta aura un débit volumique de 346 m3 par seconde, une hauteur de 22 mètres, une longueur de 1060 mètres et une capacité de rétention d’eau de 23 millions m3.

Kaléta va comporter trois groupes de 80,17 mégawatts de puissance chacun. Il va créer dans sa phase de construction environ 2000 emplois, entrainé la reconstruction de 9 villages et délocaliser trois villages dont Kassia et Konkoué Lamba. En remplacement, de nouvelles cités sont promises aux 500 habitants obligées de quitter le sol de leurs ancêtres.

Les travaux vont durer quatre ans. Mais déjà, les travaux de reprofilage de la piste Dubréka à Kaléta, longue de 70 km , ont été lancés samedi 20 août. Le gouvernement a fait appel à l’expertise du Génie route guinéen.

Elie Ougna et Thierno Bah

+224 62 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

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