mardi , 19 mars 2019

Enfin pouvoir et opposition autour de la même table

Dans un climat détendu, empreint de convivialité, de cousinages à plaisanterie, et surtout sur fond de respect mutuel, le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation et le collectif des 19 partis politiques pour la finalisation de la transition ont tenu mercredi, à Conakry, leur première rencontre depuis la prise du pouvoir par le président Alpha Condé.

A l’entame de la rencontre qui a mobilisé 17 partis politiques du collectif, le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation Alhassane Condé a salué la décision des opposants de revenir à la table de négociation. Mettant les désaccords survenus entre eux au compte d’une « incompréhension », il a précisé qu’il a n’a jamais refusé de recevoir l’opposition.

« Les questions d’ordre électorale et politique nous interpellent tous. Je me réjoui que nous ayons convenu de débattre de ces sujets », a-t-il dit en introduction, avant de donner la parole au collectif.

Le mot de Moussa Solano

L’ancien ministre de l’intérieur Moussa Solano qui prenait part à la rencontre en qualité de représentant de PUP a affirmé que le collectif a demandé à rencontrer M. Condé parce qu’il estime que le seul acte qui reste à posé est l’organisation des élections législatives.

« Le collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition est un collectif de propositions et de critiques », a dit l’ancien ministre de Lansané Conté, comme pour donner du courage à leur porte-parole du jour, chargé de lire leur mémorandum.

« C’est normal parce qu’il ne s’agit pas seulement de faire des propositions. Il faut aussi critiquer. On ne le fait pas avec haine. Si tout avait été beau et bien fait,  on ne parlerait pas de ces assises parce que tout est correct. On n’a pas participé aux journées nationales parce que nous n’avons pas réussi à vous rencontrer. Nulle part, nous n’avons essayé de nous soustraire du débat national. Cela ne nous ressemble pas ».

Le président du Parti de l’Unité et du Progrès  Moussa Solano a prévenu le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation des conditions pour la réussite ou non du dialogue politique. Pour lui, tout dépendra de la suite que le pouvoir donnera au processus.

Le mémo

Le collectif des 19 formations politiques a remis à Alhanssane Condé, un mémorandum comprenant cinq points. Dans le document, il demande la révocation des membres actuels de la CENI et leur remplacement par de nouvelles personnes. « Si nous voulons aller à des élections législatives apaisées, dans les délais raisonables, nous devons désigner des commissaires qui ont la confiance des différentes parties prenantes », a déclaré le porte-parole, Mamadou Mouctar Diallo.

Aussi, le collectif demande la révision du fichier électoral, le rétablissement des élus locaux dans leurs fonctions, la neutralité de l’administration dans le débat politique et l’accès égal et équitable des partis du collectif aux médias publics.

Des griefs que le ministre de l’Administration du territoire a promis de porter à la connaissance du président de la République dès aujourd’hui et du Conseil des ministres demain jeudi.


Elie Ougna
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