samedi , 31 octobre 2020

Guinée : Jeun et inquiétude sur fond de flambée des prix

 

A l’instar de leurs coreligionnaires du monde, les fidèles musulmans de Guinée sont en jeun. Ce, depuis le 1er août dernier. Mais comme chaque année, à l’approche de ce mois Saint de Ramadan, ils sont Guinéens sont sanctionnés par une hausse vertigineuse des prix des denrées de alimentaires. Reportage.

 

 

Lundi 8 août. Au marché Niger, en plein de centre de Kaloum. L’angoisse est lisible sur le visage des femmes. Et pour cause, les prix des denrées continuent leurs courbes vertigineuses.

Le sac de sucre se vend à 420.000 francs guinéens. Avant le mois de carême, il se négociait autour de 380.000 francs guinéens. Au détail, le kilo se vend par endroit à 10 000 francs.

Le sac du riz ‘’local’’ coûte 425 000 GNF tandis que son kilo se négocie autour de 8500 francs guinéens. Pour le riz importé, il faut débourser entre 300 000 et 310. 000 francs guinéens pour se procurer un sac. Il y a un mois, il s’achetait à 280.000 francs guinéens.

Le prix du sac de lait de 25 kilogrammes atteint 1.070.000 francs guinéens et le prix du kilogramme est fixé à 45 000 francs guinéens. Le sac d’oignon varie entre 210 000 et 230 000 francs guinéens. Et son kilo coûte 8500 francs guinéens.

A l’image du marché Niger, tous les marchés de Conakry et de l’intérieur du pays connaissent cette réalité à couper le souffle pour qui connaît le salaire d’un fonctionnaire guinéen de la hiérarchie  »A » (Ndlr : un peu plus de 700 000 francs guinéens).

Face à la flambée des prix, les clients accusent les commerçants de faire fi des prescriptions religieuses en ce mois de jeun et de prière. « Le grossistes et les importateurs décident de cette flambée pour faire échouer le gouvernement. C’est un sabotage », affirme Hadja Hawa Camara, vendeuse de sucre. Cette interlocutrice ne comprend pas que les prix des produits alimentaires changent du matin au soir et vice-versa. « Le gouvernement doit se lever pour barrer la route à ces commerçants-saboteurs afin que la population ait accès aux denrées de consommation et préserver sa crédibilité », glose-t-elle.

Pour Fatoumata Camara, la cherté des prix est due à l’égoïsme des commerçants qui n’aspirent qu’à gagner assez de bénéfices sur les articles. « C’est un mois de repentance, on devrait diminuer les prix pour permettre à tout le monde de jeuner dans de bonnes conditions. Mais avec cette situation, le gouvernement doit monopoliser les prix des denrées afin de soulager sa population », préconise-t-elle.

Les commerçants rejettent la responsabilité. Amadou Barry, propriétaire d’un magasin reconnait que le sucre et le riz ont subit une hausse sensible. Mais la faute incombe aux autorités portuaires et douanières. « Les prix du dédouanement au port sont revus à la hausse », déclare-t-il.

Ils indexent aussi la mauvaise foi du gouvernement à subventionner les denrées de consommation pendant le mois de Ramadan et son incapacité à mettre en place une structure de supervision adéquate.

Mais dans l’un ou l’autre cas, c’est les citoyens du niveau moyen qui payent les frais. Et tout porte à croire que les mesures annoncées par le président de la République pour maintenir et voire baisser temporairement certains prix ne sont pas suivies d’effets.

Le gouvernement a subventionné l’achat de 35 000 tonnes de riz durant cette période. Une quantité de riz qui ferait déjà l’objet de sabotage, à en croire la radio nationale, qui parle de la fermeture de deux magasins à Madina et l’arraisonnement de deux camions pour des fin d’enquête.

Thierno Oury Bah

+224 62 85 68 59

contact@kaloumpresse.com

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