mardi , 26 mars 2019

Attentat manqué contre le président Alpha Condé: Ce qui s’est passé à Kipé

La nuit du 18 au 19 juillet derniers n’a pas été de tout repos pour le chef de l’Etat et sa garde rapprochée. Et pour cause, un commando lourdement armé a fondu sur la résidence présidentielle avec l’intention manifeste d’attenter à la vie du Pr Alpha Condé. Pendant deux heures, il a assiégé tout le quartier Kipé par la terreur qu’il y a répandu. « Dieu soit loué ! », ont fini par soupirer à l’aube du 19 juillet les intrépides bérets

rouges de la garde présidentielle, après qu’ils aient contraint les assaillants d’abandonner. Une opération soldée bien évidemment par des morts et des blessés des deux côtés. Que s’est-il passé en réalité ?

Le 17 juillet, les services de l’état-major de la gendarmerie nationale partis des renseignements précis ont procédés à l’arraisonnement de véhicules militaires chargés d’armes et de tracts de sédition. Ce qui a permis d’alerter la garde présidentielle sans que cela ne suscite pour autant un renforcement conséquent de la sécurité de la résidence, notamment par le déploiement d’armes lourdes et d’hommes supplémentaires. En d’autres temps, c’est comme cela que les choses se faisaient. Mais hélas, le professeur-président sans doute préoccupé de soigner l’image de son pays qui doit absolument attirer les investisseurs étrangers à horreur de s’abriter dans une forteresse. C’est pour cette même raison qu’immédiatement après son investiture le 21 décembre 2010, il a délocalisé les engins militaires lourds à l’intérieur du pays.

Des informations non recoupées font ainsi état de ce que dans la journée du 18 juillet, le professeur a eu des échanges vifs avec son aide de camp, le commandant Mory Kourouma au sujet de quelques pick-up supplémentaires que celui-ci avaient déployés à la résidence pour parer à toute éventualité. Son patron lui aurait intimé l’ordre de les dégager estimant qu’il n’y aurait pas meilleure protection que le peuple au sein duquel il vit. Il faut dire que le professeur se plaisait bien là à Kipé, en symbiose parfaite avec les civils.

La nuit, le commando qui avait sans doute bien ficelé son coup a investi les lieux. Semble-t-il, un des éléments qui en débarquant a lâché sa roquette à partir du côté de la rue opposé au premier point de contrôle à la résidence présidentielle fit une première victime. Sa roquette a foudroyé mortellement dans la guérite le soldat Djoumé Sangaré. .Le présumé chef du commando, AOB s’est présenté aux bérets rouges de la rentrée qu’il a tenté de mettre en respect. « Vous ne nous intéressez pas. Celui qui nous intéresse est à l’intérieur, sauf si vous voulez mourir », aurait-il lancé à ceux-ci, avant de faire signe de l’assaut. Les voilà en direction de l’enceinte de la résidence, en tirant. Mais l’aide de camp qui avait embusqué ses hommes leur distribuera les armes et les munitions avant de leur ordonner d’ouvrir le feu sur AOB et sa bande.

Lui s’est effondré blessé au pied et au ventre, tandis que son second, un certain Diallo touché à la tête mourra sur le champ. Toutefois, au sujet de la blessure d’AOB, les versions divergent, et nous en avons retenu deux. Selon la première, il a été blessé par une grenade à Kipé, précisément à la résidence. Alors que sur la foi de la seconde, AOB avait réussi dans un premier temps à se sauver avant d’être rattrapé par des militaires qui l’avaient pris en chasse. Ceux-ci lui auraient balancé une grenade qui lui a broyé les jambes. En tout cas de source hospitalière, AOB est allé de lui-même à l’hôpital Ignace Deen déposé là par un taxi où Pivi ministre en charge de la garde présidentielle l’aurait surpris avant d’ordonner son transfert à l’infirmerie du Camp Samory pour les soins.

A signaler que selon la même source, un groupe de militaires aurait procédé au dépôt d’un corps non identifié à la morgue de Ignace Deen dans la nuit du 18 juillet allant jusqu’à menacer de mort les médecins présents lorsque ceux-ci ont voulu en savoir sur l’identité du corps.

S’agissant toujours des opérations militaires, il faut retenir que les gardes du chef de l’Etat ont continué à se battre héroïquement jusqu’à enregistrer des victimes parmi eux. Car outre le gendarme qui est mort, la dame Doussou, un amazone de la garde du professeur, elle, a pris des éclats d’obus ennemis tirés à partir des toits de maisons environnantes.

Mais où devrait être le président de la République tout ce temps ? Lui-même a dit qu’il n’était pas dans sa chambre. Ce qui lui a sauvé la vie, puisque qu’une roquette s’était abattue là. Toujours est-il qu’une source nous a appris qu’il lisait dans son bureau, fatigué, il s’est assoupi à cet endroit jusqu’à ce qu’il soit réveillé aux alentours de 3 heures du matin par des crépitements d’armes. C’est là que le commandant Mory Kourouma viendra le chercher pour le faire déplacer vers le bâtiment annexe de la résidence. Il restera là jusqu’à la fin des opérations. Les renforts sont venus en ce moment, suivis de visites de proches, au petit matin du 19 juillet. Ainsi sera sauvé le premier président démocratiquement élu de la Guinée. Avec lui, son pays qui n’avait vraiment pas besoin de ce coup à un moment où le monde entier afflue ici pour des opportunités d’affaires. Et si Alpha n’avait été sauvé que par son cœur ? Plus près du bas peuple que des oligarques ? Ale louia ! Comme le dirait l’autre !

Sékouba Savané

Source: Nouvelle Elite

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