mercredi , 18 septembre 2019

Gouvernance Alpha Condé : les conditions réunies pour un échec

Après 6 mois d’exercice du pouvoir, le président Alpha Condé a des comptes à rendre sur sa gestion des affaires de l’Etat, tant le bilan qu’il en sera dressé, de façon objective, permettra d’avoir des critères d’appréciation sur la qualité de sa gouvernance.

 

Aujourd’hui il ne fait aucun doute que le processus de changement engagé pèche par son incohérence et ses tâtonnements. Le président Alpha Condé a tout l’air de plonger dans les dérives, à cause de sa prise de position partisane sur les grandes questions nationales.

L’homme a de la peine à se défaire de son penchant pour ce parti politique, le RPG, aujourd’hui désorienté et dont les alliés d’hier expriment leur déception par rapport à la politique d’exclusion du pouvoir dont ils sont victimes.

Le vieux président s’engouffre dans un cocon de chenille, pris en otage par ces anciens sorciers du régime défunt qui ne cessent de l’envouté. Alpha Condé a créé toutes les conditions de l’échec de son entreprise politique pour plusieurs raisons.

Le mécontentement est en passe d’être égalisé. Il n’y a pas aujourd’hui en Guinée, un citoyen qui ne tire le diable par les testicules la queue étant coupé à force d’être tirée. La pauvreté est à un seuil jamais atteint. L’inflation persiste, malgré la rafle dont les pauvres cambistes ont fait les frais, il y a quelques mois.

La caisse unique, initiée, pour, dit-on, éviter les pillages des caisses de l’Etat, est devenu la mystérieuse cabale du chef, personne ne pouvant savoir ce qu’elle contient et quel est son rôle fondamental. Les 700 millions de pénalité versés par Rio Tinto tintent hors budget. Une goutte d’eau dans la marre mystérieuse ! A toute cette situation confuse, s’ajoute le gouvernement fantôme coiffé théoriquement, par un chef spirituel, Mohamed Saïd Fofana qui semble s’en être remis au ciel, pour, pour ne pouvoir ni prendre des initiatives ni décider, même si le coté cérémonial des prières pour la paix et la longévité du pouvoir lui est confié.

Les fonds que le pouvoir prétend avoir mis l’on ne sait où, pour aider les femmes et les jeunes, sont frappés d’omerta. Personne les en revendique et l’on ne sait à quoi ils auront servi. Encore une source de mécontentement pour les femmes fatiguées de scruter l’horizon et les jeunes laissés pour compte, malgré toutes les promesses de campagne.

Le siège du RPG se vide, les militants à force d’espérer vainement, ont fini par déserter les lieux. Le chef de l’Etat lors d’une de ses rares visites à la base se serait étonné de faire le triste constat. Les chefs de mouvements de soutien ont baissé la garde, à force d’attendre. Très peu d’entre eux sont dans les grâces du pouvoir.

Les analphabètes qui ont laissé couler leurs fonds de commerce dans la sensibilisation de militants sont muets, parce qu’entièrement appauvris. Ils attendent la reconnaissance du pouvoir ne pouvant plus compter sur son assistance. Comme il est facile de le comprendre, toutes les conditions sont réunies pour un éventuel échec du processus de changement. Ce qui est à redouter, ce sont des défoulements publics. Or, à l’allure des choses, toutes les recettes sont au rendez-vous.

Le pouvoir Alpha doit prendre les devants, e, engageant, sans attendre, un processus de réconciliation sociale pour sauver son pouvoir et par ricochet le pays.

Le Défi Plus

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