samedi , 19 janvier 2019

Menacé par le Chef de l’Etat, Papa Koly Kourouma situe la cause de la crise énergétique ailleurs

« Nous avons été confrontés à des problèmes de payement. Le président donne des instructions mais elles ne sont pas exécutées en bas… ». C’est ce qu’a trouvé à dire le ministre d’Etat chargé de l’énergie et de l’environnement, Papa Koly Kourouma lors de la journée porte ouverte sur la dégradation de la desserte en électricité organisée mercredi sur le site thermique de Tombo.

 

Au cours de cette rencontre avec les directeurs, les techniciens de la société d’électricité de Guinée (EDG) et les medias, Papa Koly Kourouma a commencé par sa version des faits sur la crise énergétique qui persiste toujours.  Il a affirmé que depuis 5 mois il a fait l’état des lieux des barrages hydroélectriques et thermiques et a élaboré un budget pour la réparation de certaines machines, l’amélioration du réseau de distribution et l’achat des pièces de rechange en vue de fournir du courant à la population. Un budget qui a trop duré dans les tiroirs du ministère des Finances.

Selon lui, il y a des gens qui mettent les bâtons dans les roues de son département. « Le président de la République avait donné des instructions pour que mon département ait 2 millions de dollars depuis janvier, mais il y a des blocages en bas. Car c’est le 24 juin dernier que nous sommes entrés en possession de cette somme », s’est-il défendu. Pour lui, quand le chèque de l’EDG arrive souvent au ministère de l’économie et des finances, les cadres de ce département rétorquent en soussou « Amou danghima » entendez « Il ne passe pas ».

Papa Koly Kourouma va un peu plus loin. « Au ministère de l’Economie, on dit souvent qu’il y a des réservations budgétaires, de réservations de crédits ou insuffisance de crédits pour justifier le blocage ».

Selon le ministre d’Etat d’autres facteurs contribuent à la persistance de la crise énergétique que connait aujourd’hui la capitale guinéenne.il évoque précisément les salaires dérisoires des travailleurs de la Société d’électricité guinéenne (EDG), le mauvais traitement des Sud-coréens chargés de réparer les machines de Tombo et qui ne bénéficient d’aucune prise en charge. « On a trouvé les caisses de l’Etat vides, mais un manque de volonté de payer le peu qui existe est une autre chose », a-t-il avoué, impuissant.

Fin septembre

Le patron du département de l’énergie propose la fin du mois de septembre pour fournir l’électricité de 18h à 8h chaque jour à Conakry. Et cela parce qu’il entend signer un don de 10 millions de dollars pour la sécurisation du réseau et un prêt de 20 millions de dollars pour l’achat du carburant.

Rappelons que parmi les 17 groupes que compte la centrale de Tombo, seuls 2 fonctionnent présentement à Tombo3 et 5 avec une puissance de 18 mégawatts sur plus de 100 mégawatts.

Selon M. Kourouma 5 sont à l’arrêt, en réparation, en révision majeure ou en manque de carburant ou d’huile. Et les 10 autres (appartenant Tombo1 et 2) sont irrécupérables.

Pour finir, le ministre a indiqué que la dégradation de la desserte d’électricité est due à la baisse du niveau de retenue d’eau du barrage de Garafiri occasionnant la production de 12 mégawatts sur 25 disponibles.

Thierno Oury Bah

+224 62 85 68 59

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