vendredi , 25 septembre 2020

Affaire DSK : les quatre clés de la théorie du complot

On se souvient du sondage publié juste après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, accusé par une femme de chambre de tentative de viol : 57% des Français pensaient que le directeur du FMI était victime d’un complot.

La DCRI et Nicolas Sarkozy

Pour plusieurs élus socialistes, le directeur central du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini serait intervenu dans l’affaire DSK. Ce dernier a formellement démenti au journal Le Monde que son service ait été mis en relation avec le directeur du Sofitel ni avec aucun autre responsable du groupe Accor, premier groupe hôtelier européen au monde.

Le numéro un du renseignement intérieur français a menacé de poursuites judiciaires toute personne accréditant cette idée d’une implication de la DCRI dans cette affaire.

Un commissaire de police décoré par Nicolas Sarkozy

Et c’est au tour de Michèle Sabban, vice-présidente de la région Ile-de-France et fidèle de DSK, d’avancer une nouvelle piste pour expliquer la théorie du complot, n’hésitant pas à parler « d’attentat politique ». Au micro de RCJ, elle a fait des allusions quant au rôle du commissaire de la police de New York, Ray Kelly :

« […] Le commissaire de police de New York […] a été décoré, je crois, de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy il y a peu de temps… Comment un commissaire de quartier ne prévient pas ses hautes autorités qu’une personnalité internationale est apparemment accusée d’un fait grave ?

Comment expliquez-vous que deux jours avant l’audience surprise de DSK, l’inspectrice spécialisée dans les crimes sexuels a démissionné ? Comment vous expliquez tout ça ? Il y a beaucoup de choses qui restent sans réponse. »

En effet, le 31 mai dernier, sur son blog du Huffington Post, le journaliste américain Leonard Levitt, spécialiste de la NYPD (police de New York), met en avant d’étroites relations qu’entretiendrait Ray Kelly avec Nicolas Sarkozy. Décoré en 2006 par le chef de l’Etat alors ministre de l’Intérieur, Ray Kelly est, selon lui, très « francophile ».

Le groupe Accor (Sofitel) aux premières loges

Dimanche matin, François Loncle, député PS de l’Eure et proche de Dominique Strauss-Kahn, a aussi décidé de plonger dans la théorie du complot. Avançant des collusions « politiques » entre le groupe Accor – propriétaire de l’hôtel Sofitel – et « des officines françaises » sur France Info, François Loncle s’est ensuite confié à l’AFP :

« A qui les gens de l’hôtel Sofitel ont-ils téléphoné à Paris ? Au patron des Renseignements généraux [DCRI, ndlr] ? Qu’est-ce qu’ils ont dit ? A quelle heure ont-ils téléphoné, cette fameuse nuit du 14 mai ? »

Il a ensuite ajouté :

« Tout n’est pas clair dans le comportement des dirigeants du Sofitel et du groupe Accor. »

Selon Europe 1, c’est Renée-Georges Querry, le directeur de la sécurité du groupe Accor et ex-patron de la Brigade antigang, qui a appelé l’Elysée. Il aurait contacté Ange Mancini, actuellement coordonnateur national du renseignement à la présidence de la République. Ce dernier a alors tout de suite prévenu l’Elysée par l’intermédiaire du directeur de cabinet du président de la République, Christian Frémont, dans la nuit du 14 au 15 mai, à environ minuit, heure française.

Dans le cadre de la procédure judiciaire engagée au Sofitel de New York le samedi 14 mai, le groupe Accor a déclaré être « tenu à un devoir de réserve […] et rester à la disposition des autorités américaines pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire ».

« Le Russe du FMI »

Dans un article du Monde rapportant la réunion de la garde rapprochée de Dominique Strauss-Kahn le 28 avril sur Paris, les gestes et paroles du directeur du FMI sont édifiants. Demandant au maire de Sarcelles François Pupponi d’enlever la batterie de son téléphone portable, il déclare :

« Le Russe du FMI veut me faire tomber avant que je ne démissionne. Poutine est derrière, à la manœuvre. »

Un peu plus tôt et alors qu’il est avec des journalistes de Libération, Dominique Strauss-Kahn s’inquiète d’être la probable victime d’écoutes, préférant ne garder que son portable crypté du FMI avec lui. Derrière ces écoutes, il avance le nom de l’actuel ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

Ce lundi matin, l’intéressé a dénoncé les propos de Michèle Sabban et de François Loncle. Il a précisé sur France 2 avoir été informé de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn « un peu après minuit et demi, par [son] directeur de cabinet ».

Il a rajouté que c’était « parfaitement normal qu’une grande
chaîne hôtelière française informe les autorités françaises de ce qu’il
est advenu : l’arrestation d’une personnalité mondiale de premier plan qui
est de nationalité française ».

Illustration de Marthe Poulain

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