jeudi , 23 mai 2019

DSK libéré sur parole, Nafissatou Diallo discréditée

L’ancien directeur général du FMI Dominique Strauss Kahn a été libéré sur parole par le procureur de New-York après une audience surprise, ce vendredi. Sa caution de 6 millions de dollars doit aussi lui être restituée. Dominique Strauss-Kahn peut désormais quitter son très luxueux appartement

 

 

du 153 Franklin Street à TriBeCa, un quartier bobo-chic du sud de Manhattan où il était assigné à résidence depuis un mois et demi. La justice américaine garde le passeport de DSK mais celui-ci peut circuler librement aux États-Unis en attendant la fin de l’enquête.

 

Ainsi en a décidé le juge Michael Obus du tribunal pénal de Manhattan, à la demande du procureur Cyrus Vance, et au vu des éléments à décharge présentés par ce dernier, lesquels discréditent le témoignage de la plaignante Nafissatou Diallo. La prochaine audience reste fixée au 18 juillet.

 

La justice américaine restitue également à l’ancien directeur du FMI sa caution de 6 millions de dollars. Arrivé vers 12 heures 10 au tribunal devant une cinquantaine de journalistes de la presse internationale et les télévisions du monde entier, DSK, cravate bleu clair sur costume sombre et accompagné de son épouse Anne Sinclair, vêtue d’une veste blanche, n’a cette fois pas été accueilli par les huées des employées d’hôtel de New-York, très remontées contre l’agression présumée commise contre l’une de leur collègue.

 

« Les derniers éléments sur l’affaire renforcent notre conviction qu’il sera acquitté (…). C’est un grand soulagement », a dit son avocat Me Brafman.

 

Moralité douteuse


La dimension morale de l’accusatrice de DSK, une Guinéenne de 32 ans nommée Nafissatou Diallo, serait plus qu’écornée, selon les révélations du New York Times. Selon le quotidien, qui cite deux enquêteurs, il ne fait pas de doute qu’une relation sexuelle a bien eu lieu entre DSK et la femme de chambre guinéenne de l’hôtel Sofitel à Manhattan. Mais « les procureurs ne croient pas grand chose de ce que l’accusatrice leur a dit à propos des faits ni à propos d’elle-même », selon le journal.

 

Les enquêteurs ont la conviction que Nafissatou Diallo leur a menti « à plusieurs reprises » depuis le début de l’affaire le 14 mai. Ils la soupçonnent d’être impliquée dans des activités criminelles telles que trafic de stupéfiants et blanchiment d’argent sale. De fait, selon le NYT, des individus ont déposé en plusieurs fois un totale de 100 000 dollars en liquide sur son compte en banque au cours des deux dernières années.

 

Et lors d’une conversation téléphonique avec un homme condamné pour trafic de drogue, moins de 24 heures après le début du scandale, le 14 mai, « elle a discuté de l’intérêt de poursuivre les accusations » contre DSK, ajoute le quotidien. Une conversation enregistrée par les enquêteurs… Enfin, elle aurait aussi menti à propos de sa demande d’asile aux Etats-Unis, où elle vit depuis 2002. Des informations que les avocats de la défense et le bureau du procureur n’ont pas commentées. Et que l’un des avocats de la femme de chambre, Kenneth Thompson, n’a pas démenti.

 

Réaction en Guinée


Mais celui-ci a estimé que « rien ne change le fait très important qui est que Dominique Strauss-Kahn a commis une agression sexuelle violente ». Depuis la Guinée, un frère de l’accusatrice a catégoriquement rejeté les informations du quotidien new-yorkais. « C’est archi-faux. Nous sommes des descendants d’érudits musulmans très pieux, nous ne pouvons pas nous laisser emporter par le gain facile de l’argent », a affirmé Mamadou Dian Diallo.

 

En France, les amis de DSK triomphent. Certains d’entre eux ont évoqué un report du processus des primaires qui doivent désigner le candidat du Parti socialiste pour 2012. Une éventualité aussitôt rejetée par le porte-parole du PS, Benoît Hamon. La chef du parti, Martine Aubry, vient d’annoncer cette semaine sa candidature, alors qu’elle avait exclu de se présenter contre Strauss-Kahn.

 

Surtout, les poursuites ne sont pas encore abandonnées. Le procureur et la défense ont discuté jeudi du remplacement des chefs d’accusation pour crimes sexuels par un simple délit. Mais les avocats de M. Strauss-Kahn devraient rejeter cette proposition, rapporte le New-York Times. (avec AFP)

 

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