vendredi , 6 décembre 2019

CHU D’IGNACE DEEN : Week-end cauchemardesque dans un hôpital !

Les week-ends se passent et se ressemblent pour les patients au centre hospitalo-universitaire d’Ignace Deen, un des principaux hôpitaux du pays.

 

Le dimanche 25 juin, quand nous avons été alertés d’urgence sur le cas de gravité de la maladie d’une patiente qui était là depuis près d’une semaine, nous nous rendons à son chevet.

Il était 23 heures. A ce moment ci, l’hôpital est presque désert. Au service de pneumonie, pas un seul médecin titulaire pour faire face aux cas d’urgence. Face à cette désastreuse situation, les stagiaires et autres gardiens des lieux rivalisent d’ardeur dans l’assistance apportée aux patients. Notre patiente devait prendre une perfusion. Mais comment ? Pour une anodine opération, la carence des stagiaires est indescriptible. Une heure trente minutes ne suffisent pas pour réussir l’opération de perfusion. Ne sachant pas où placer le seringue. « Attention, on n’est pas dans le nerf, ça va Peter », prévient un stagiaire, dans un français approximatif. « Nous y sommes bien », rétorque un autre. La patiente qui en avait eu assez, de lancer avec une voix à peine audible « vous m’avez trop percé le corps, arrêtez ! ». La douleur était manifeste, le spectacle dramatique. Après plusieurs tentatives manquées, un vieillard qu’on appelle ‘’Vieux Sylla’’, gardien de son état, vient à la rescousse. C’est lui finalement qui a aidé à trouver un sérum glucosé dont le placement pose tous les problèmes du monde. Le coton aussi. Il dit avec un air hésitant, c’est gratuit.

Une dame générosité aidant, a donné ’’le perfuseur’’ à condition qu’elle soit remboursée le lendemain matin. Selon elle, 3 jours plutôt, tous les médecins stagiaires ayant tenté l’opération, ont été incapables de placer le sérum de son patient.

A la pharmacie des urgences, il n’y aurait pas de perfuseur. Non selon notre médecin stagiaire. « On ne revend pas en détail le perfuseur, mais le prix varie entre 2.000 et 3.000 fg chez les particuliers. » « C’est ainsi que les choses se passent ici tous les week-ends. Dès le jeudi soir, tous les médecins titulaires disparaissent. Nous sommes avec des stagiaires qui ne maitrisent pas la situation », témoigne une jeune dame. Nous quittons les lieux à minuit avec les conseils du Vieux Sylla qui a entretenu l’espoir.

SOURCE: La République

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