samedi , 19 octobre 2019

Côte d’Ivoire : mandats d’arrêt contre Blé Goudé et d’autres pro-Gbagbo

La justice ivoirienne a délivré des mandats d’arrêt internationaux contre Charles Blé Goudé, figure de proue du régime déchu de Laurent Gbagbo, et d’autres proches de l’ancien président. Ces mandats ont été délivrés contre des suspects en fuite, a annoncé, vendredi 1er juillet, le procureur


d’Abidjan, Simplice Kouadio Koffi. L’ancien porte-parole du gouvernement, Ahoua Don Mello, l’ex-ministre de l’industrie, Philippe Attey, et l’ancien ambassadeur de Côte d’Ivoire en Israël, Raymond Koudou Kessié, sont également visés.

BLÉ GOUDÉ DONNÉ AU BÉNIN OU AU GHANA

« Le juge d’instruction sait très bien où ces personnes se trouvent », a assuré le procureur, sans plus de précision.

Sous sanctions de l’ONU depuis 2006, Charles Blé Goudé est régulièrement donné au Bénin ou au Ghana, lieu d’exil de nombreuses personnalités du régime déchu.

Ex-ministre de la jeunesse de M. Gbagbo et chef des Jeunes Patriotes, il a été en première ligne durant la crise post-électorale, de novembre à avril, appelant les siens à la mobilisation contre le camp d’Alassane Ouattara, investi président le 21 mai.

« VOL AGGRAVÉ, DÉTOURNEMENT DE DENIERS PUBLICS, PILLAGE »

Les personnes visées par des mandats d’arrêt sont recherchées dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour « vol aggravé, détournement de deniers publics, pillage, concussion et atteinte à l’économie publique ».

Quinze personnes ont déjà été inculpées et placées en détention préventive la semaine dernière pour ces faits, ainsi que pour « attentat contre l’autorité de l’Etat, constitution de bandes armées », « rébellion », « tribalisme et xénophobie », a rappelé Simplice Kouadio Koffi.

Ces derniers jours, six autres personnes ont été inculpées et écrouées pour les chefs d’accusation relevant de l’« atteinte à la sûreté de l’Etat », a-t-il souligné.

Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril, à l’issue de dix jours de guerre dans Abidjan, après plus de quatre mois d’une crise née de son refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle du 28 novembre 2010. Il est actuellement en résidence surveillée dans le Nord, comme son épouse, Simone Gbagbo, et treize autres proches.

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