mercredi , 20 mars 2019

DSK- Nafissatou : Ce ne sera pas le pot de fer contre le pot de terre

Sa « présomption d’innocence doit plus que jamais être réaffirmée et surtout respectée par les médias et la classe politique» prévient le club Dsk après que son champion mangé par les cernes, comparut en quatre minutes pour dire qu’il plaide non coupable. Martine Aubry elle, invite à la décence et à la quiétude.

 

Deux vertus qui ont manqué à l’un des protagonistes de ce que certains au Ps français appellent « le dimanche noir de New-York ». Soit Strauss-Kahn dont le palmarès femmes, c’est connu, est aussi étendu que son savoir en économie et qui sera passé, ce 14 mai, des sommets à l’opprobre en quelques heures. Soit Nafissatou Diallo, devenue peut-être à son corps défendant, la femme de chambre la plus célèbre du siècle que l’infortune ou le complot a posté, ce jour, dans la suite du grand séducteur. « Elle va venir devant cette Cour et témoignera à la barre et dira au monde entier ce que DSK lui a fait», défie Kenneth Thompson l’avocat de la Guinéenne avant de prévenir «tout est prévu pour la discréditer».

La bataille judiciaire ne fait donc que commencer entre l’ex-futur président d’une puissance planétaire et l’anonyme petite main d’un des pays les plus pauvres au monde. L’un a les moyens de sa défense, des amis qui comptent et des voix qui portent. L’autre vit peut-être de découverts bancaires, n’a jamais espéré être illustre et peut-être n’a jamais souhaité s’illustrer de cette manière qui n’est bonne pour la dignité nulle part. Mais l’affaire Strauss-Kahn-Diallo se déroule dans un pays qui professe l’égalité des chances.

La Guinéenne ne sera donc pas la plaignante vite déboutée des procès tropicaux où le faible a tort par avance. Mais l’argent va parler. Son adversaire en a et seule la redoutable combativité du lobby féministe dont l’Amérique est la patrie servira de contrepoids à Nafissatou Diallo dont la vie a été fouillée de fond en comble par les avocats de l’ex patron du Fmi. Et comme chez l’Oncle Sam, rien n’est tabou, gare à elle si elle a des choses à cacher. On a vu des procès de ce genre dont les déballages frisent l’obscénité -le cigare de Clinton par exemple- et cliver enfin du sexe aux références sociale ou raciale. En somme, une affaire à la OJ Simpson. Avec cette fois-ci un accusé blanc et une victime noire. Qui n’est même pas morte et qui doit s’apprêter à tout entendre.

SOURCE: Le Républicain (Mali)

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