mercredi , 20 février 2019

Obama et Sarkozy veulent  »finir le job » en Libye

En Libye, «nous sommes déterminés à finir le travail» (to finish the job) : la déclaration de Barack Obama, aux côtés de Nicolas Sarkozy, vendredi, à l’issue de leur entretien à Deauville, a été on ne peut plus claire. «La réalisation du mandat de l’ONU ne pourra être accomplie tant que Kadhafi dirige

ses forces contre les populations civiles sans protection», a souligné le président américain. «Notre analyse est la même», a relevé pour sa part le président de la République. «Kadhafi doit partir et les Libyens ont droit à un avenir démocratique», a-t-il poursuivi. Ce duo très consensuel n’a guère renouvelé les injonctions lancées ces jours derniers par les deux dirigeants pour appeler le Guide de Tripoli à quitter le pouvoir. Pas plus que ces convergences de ton ne gomment les différences d’approche entre Washington et Paris sur le niveau d’engagement en Libye. Mais tel est le G8, non pas l’occasion de compter les forces engagées sur le terrain, mais plutôt le moment de rappeler et de rapprocher des positions de principe.

À cet égard, l’exercice a été plutôt réussi puisque, dans sa déclaration finale du sommet, les chefs d’État et de gouvernement du G8, soulignent que le dirigeant libyen a «perdu toute légitimité» et qu’«il doit partir» – bien en ligne avec les voix française et américaine. «Kadhafi et le gouvernement libyen ont échoué à assumer leur responsabilité de protéger la population libyenne», relève la déclaration. Dans ce texte, les Huit haussent encore le ton en exigeant que «les responsables d’attaques contre les civils rendent des comptes» et en se félicitant de l’enquête lancée par la Cour pénale internationale sur ces crimes. Les dirigeants des pays les plus industrialisés demandent «la cessation immédiate du recours à la force contre les civils» et apportent leur soutien à «une transition politique qui reflète la volonté du peuple libyen». Des termes que Nicolas Sarkozy a qualifiés de «très durs».

Pousser Kadhafi au départ

Cette déclaration témoigne aussi du pas important consenti par la Russie : c’est la première fois en effet que celle-ci se résout à appeler le dirigeant libyen au départ. Pourtant, avant le sommet de Deauville, Moscou avait bien averti que le G8 ne devait pas «se transformer en un organe proposant des mesures de pression et des sanctions».

Plus inédit encore, la Russie s’est dite prête à entamer une médiation dans la crise libyenne pour amener Kadhafi à partir. L’annonce a été faite, en marge du G8, par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. «Si le ton respectueux qu’observe la Russie dans son dialogue avec les autorités libyennes aidait M. Kadhafi à prendre la bonne décision, ce serait à mon avis une contribution sérieuse et importante de notre part», a-t-il dit. Avec qui négocier ? «Pas avec Kadhafi lui-même, mais avec des membres de son cabinet, voire avec ses fils», a indiqué par ailleurs un autre responsable russe, Mikhaïl Marguelov, le représentant spécial de Moscou pour l’Afrique. La diplomatie russe «est en train de prendre des contacts», a-t-il glissé. L’avenir de cette «disponibilité» russe demeure toutefois plus qu’incertain.

«Il n’y a pas de médiation possible», a tranché Nicolas Sarkozy, vendredi, dans sa conférence de presse finale, en convenant seulement qu’«on peut discuter des modalités du départ» de Mouammar Kadhafi.

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