lundi , 22 octobre 2018

Il trimbale son pote devant le juge et renonce au nom de l’amitié

« L’amitié est sacrée », enseigne la sagesse populaire. Et il y en a qui s’en rende compte après avoir intenté une action en justice pour vol de téléphone portable.

Le tribunal de première instance de Mafanco juge actuellement un dossier à priori très simple, mais rendu complexe par la volonté du plaignant. Situons les faits. Ibrahima Sory Cissé, chauffeur de taxi, reproche à son ami, Alia Camara (ndlr: lui aussi chauffeur) d’avoir fait main basse sur son téléphone portable.

Sur la version des faits, les deux hommes sont d’accord sur la perte du téléphone. Le reste, non.

Le prévenu, Alia Camara, reconnait avoir reçu l’appareil des mains de son ami alors que celui-ci se rendait au travail. « C’est pendant que je conduisais moi aussi que j’ai perdu le téléphone »,  avoue-t-il à la barre, indiquant que le propriétaire de l’appareil, n’a pas voulu entendre son argument d’une seule oreille.

Le plaignant lui, affirme mordicus que son copain lui a emprunté le téléphone pour écouter de la musique. Puisqu’il n’avait pas de temps à perdre comme lui, c’est ainsi qu’il lui laissera l’appareil dans l’intention de le récupérer plus tard.

« Je n’ai même duré et à mon retour, Alia était déjà parti. Je suis allé chez lui à plusieurs reprises sans le trouver. C’est le lendemain qu’il m’a informé de la perte du le téléphone », relate-il, avant de « couper l’herbe sous le pied » du juge, es avocats des deux parties et l’assistance. « Mais je préfère laisser cette affaire comme ça au nom de notre amitié », conclut-il.

Le ministre public qui estime que l’infraction d’abus de confiance est constituée dit niet et demande de retenir l’accusé dans les liens de la culpabilité pour qu’il puisse dorénavant prendre soin des biens d’autrui.

Verdict final, le jeudi 12 mai prochain.

Elie Ougna

ougnaelie@kaloumpresse.com

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